Le Ministre d’Etat, Ministre de l’Aménagement du Territoire, Maître Guy Loando Mboyo, a prononcé une allocution remarquée lors de la 11ᵉ Conférence des Gouverneurs à Kalemie, dans la province du Tanganyika. Le thème central de cette rencontre, ‘’L’Aménagement du Territoire en RDC : Processus provinciaux et locaux de planification spatiale’’, a permis de réaffirmer l’importance d’une planification spatiale cohérente et inclusive pour le développement socio-économique de la République Démocratique du Congo.
S’exprimant devant les Gouverneurs de province, le Ministre d’État a déclaré : ‘’La gestion harmonieuse de l’espace, avec une répartition équilibrée des populations, des infrastructures et des activités économiques, est essentielle pour transformer nos provinces en pôles de croissance durable. C’est un impératif pour garantir des conditions de vie meilleures à nos concitoyens’’.
Cette vision s’inscrit dans le cadre des orientations stratégiques fixées par Félix Tshisekedi, Président de la République, Chef de l’État, et sous la coordination de Mme Judith Suminwa Tuluka, Première Ministre, Cheffe du Gouvernement.
Dans son discours, le Ministre d’État a identifié trois priorités majeures pour réussir cet ambitieux projet. A savoir : le renforcement des capacités institutionnelles et humaines des provinces, pour une planification spatiale adaptée aux réalités locales ; l’implication active des communautés locales afin d’assurer une planification participative et inclusive et la mise en place d’un cadre légal et réglementaire efficace, garantissant une meilleure coordination entre les niveaux national, provincial et local.
Le Ministre d’État a également souligné que l’aménagement du territoire est un levier incontournable pour accélérer le développement durable des provinces et améliorer les conditions de vie des populations.
Enfin, il a réaffirmé son engagement à travailler en synergie avec tous les acteurs institutionnels et les partenaires au développement pour concrétiser cette vision ambitieuse, portée par Félix Tshisekedi, Président de la République, Chef de l’Etat.
(Par Zhang Shanhui, Présentatrice & commentatrice à CGTN Français)
Le 1er décembre 2024 marquera un tournant significatif dans les relations commerciales entre la Chine et les pays les moins avancés ayant établi des relations diplomatiques avec Pékin. En effet, le Conseil des Affaires d'État a annoncé, par le biais de l'Annonce n° 9 de 2024, que 100 % des produits originaires de ces nations bénéficieront d'un taux de douane de zéro. Cette initiative vise à renforcer les échanges commerciaux et à ouvrir davantage le marché chinois aux produits africains.
Lors du Forum de coopération sino-africain qui s'est tenu à Beijing en septembre, la Chine a exprimé sa volonté d'élargir unilatéralement l'accès à son marché. Ainsi, 33 pays africains, parmi lesquels l'Angola, le Sénégal, et le Mozambique, profiteront de cette mesure avantageuse. Cela représente une opportunité en or pour ces nations, leur permettant d'accéder à un marché chinois en pleine expansion.
Le marché chinois avec un potentiel énorme et des politiques d'exonération fiscale peut non seulement stimuler leur motivation à produire et ainsi augmenter les revenus familiaux, mais aussi accroître leurs réformes et investissements dans la production et la transformation des produits agricoles, ouvrant ainsi davantage d'opportunités d'exportation pour les produits agricoles.
De plus, l'expansion de la demande du marché pourrait nécessiter une plus grande participation de la main-d'œuvre à la production. Promouvoir activement l'exportation de produits agricoles par les pays africains est également bénéfique pour transformer la structure commerciale de ces pays, qui repose principalement sur l'exportation d'énergie et de ressources minérales, et pour encourager un développement commercial plus équilibré et sain en Afrique, permettant ainsi d'atteindre un développement durable.
En parallèle de cette politique de zéro tarif, la Chine s'engage également à élargir la gamme de produits importés en provenance de ces pays et à simplifier les procédures d'importation. Cette démarche témoigne de l'engagement de la Chine à faciliter l'entrée des produits africains sur son marché, offrant ainsi un accès de plus en plus aisé.
Lors d'une conférence de presse organisée par le Bureau d'information du Conseil des Affaires d'État le 23 octobre, le ministre adjoint du Commerce, Tang Wenhong, a souligné que cette mesure de taux de douane zéro sera mise en œuvre à partir du 1er décembre 2024. Le Ministère du Commerce collaborera avec les départements concernés pour s'assurer que les pays PMA puissent tirer pleinement parti de cette opportunité.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : selon le rapport sur le développement de l'Initiative « Belt and Road » entre la Chine et les pays africains publié en août, la Chine est restée le premier partenaire commercial de l'Afrique pendant 15 années consécutives. En 2023, le volume des échanges entre la Chine et l'Afrique a atteint 282,1 milliards de dollars, un record historique. De plus, les investissements directs chinois en Afrique ont dépassé les 40 milliards de dollars.
Les statistiques douanières révèlent également une dynamique positive : au cours des sept premiers mois de cette année, les échanges entre la Chine et l'Afrique ont atteint 1,19 trillion de yuans, enregistrant une croissance de 5,5 %. Les produits agricoles, tels que les avocats du Kenya et les arachides du Sénégal, ont particulièrement brillé, avec une augmentation notable des importations.
Alors que les produits agricoles de qualité en provenance d'Afrique pénètrent le marché chinois, la Chine, de son côté, contribue à la lutte contre la pauvreté en Afrique. En introduisant des variétés de riz hybrides, la Chine aide plusieurs pays africains à améliorer leur autosuffisance alimentaire, un enjeu crucial pour le développement durable du continent.
En somme, cette initiative de la Chine représente non seulement une opportunité économique pour les pays africains, mais également un pas vers une coopération plus étroite et bénéfique entre la Chine et l'Afrique. Le 1er décembre 2024 sera sans aucun doute une date à marquer d'une pierre blanche dans l'histoire des relations sino-africaines.
La ville de Kolwezi, chef-lieu de la province du Lualaba, a été désignée pour accueillir la douzième session de la Conférence des Gouverneurs de province, prévue pour juin 2025. Cette décision figure parmi les résolutions de la 11ᵉ session tenue à Kalemie, chef-lieu de la province du Tanganyika, et a été annoncée par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, lors de son discours de clôture.
Après la 11ème session qui s’est clôturée à Kalemie, place à la 12ème qui se tiendra dans la province de Lualaba l’année prochaine.
‘’Je vous informe que la prochaine session de la Conférence des Gouverneurs, la douzième donc, aura lieu à Kolwezi dans le Lualaba au mois de juin de l'année prochaine’’, a déclaré Félix Tshisekedi, soulignant l'importance de ce cadre de concertation. Cette 11ᵉ session s’était déroulée sous le thème principal : ‘’Renforcer la gouvernance des provinces afin d’assurer la cohésion communautaire, facteur clé de la réussite du PDL-145T’’.
La Conférence des Gouverneurs de province est une institution consacrée par l'article 200 de la Constitution du 18 février 2006. Cet article établit les principes de libre administration des provinces, d’autonomie de gestion de leurs ressources et d’une large décentralisation. Il définit également les rôles respectifs du pouvoir central et des provinces, ainsi que les domaines d’action exclusive et concurrente.
Pour encadrer cette disposition, la Loi organique n°08/015 du 7 octobre 2008 a été adoptée, précisant les modalités d’organisation et de fonctionnement de cette instance. La Conférence des Gouverneurs a pour mission d’émettre des avis et de formuler des suggestions sur les politiques publiques et la législation nationale, tout en consolidant l’unité, la paix et la solidarité nationale. Elle vise aussi à maintenir une harmonie entre les provinces et le pouvoir central.
Conformément à son règlement, la Conférence des Gouverneurs se tient à tour de rôle dans chaque province. Ce caractère itinérant vise à rapprocher le pouvoir central des réalités locales des provinces. Cependant, en cas de force majeure, la Conférence peut se réunir dans une province autre que celle prévue par le calendrier.
La Conférence réunit les Gouverneurs de province, le Président de la République, le Premier Ministre, et le Ministre de l'Intérieur. D'autres membres du Gouvernement peuvent y être invités en fonction des thématiques à l’ordre du jour. Ce cadre permet ainsi d’assurer un dialogue régulier et constructif entre les différents échelons du pouvoir.
Avec ce choix de Kolwezi, la Conférence des Gouverneurs de province confirme son rôle central dans la gouvernance décentralisée en République Démocratique du Congo.
Le Fond des Nations Unies pour la population (UNFPA) avec l’appui financier de la KOICA et de la Banque mondiale, a procédé le jeudi 28 novembre, à la cérémonie de remise officielle du nouveau bâtiment abritant le Centre Intégré des Services Multi sectoriels (CISM) au Centre Féminin Marie Antoinette (CFMA) de Limete.
Endommagé par les pluies diluviennes qui se sont abattues en février 2021, le centre intégré des services multi sectoriels est réhabilité et équipé grâce à l'intervention des partenaires techniques et financiers dont le PNUD, qui a remercié le Gouvernement congolais à travers Mme la Ministre du Genre, famille et Enfant, Léonnie kandolo Omoyi, pour tous les efforts qu'elle ne cesse de consentir pour lutter contre les violences Basées sur le Genre et promouvoir le bien être de la femme en RDC.
‘’En cette période où nous célébrons les 16 jours d'activisme contre les violences faites à la femme, la remise officielle de ce bâtiment marque un symbole fort et un message de l'encouragement ferme des peuples coréens et congolais à investir dans des actions durables visant la lutte contre les violences faites à la femme et à la jeune fille congolaise sous toutes ses formes’’.
La Secrétaire générale du ministère du Genre qui a représenté Mme Léonnie Kandolo, a fait savoir que les violences Basées sur le Genre représentent un obstacle majeur à la participation des femmes à la vie sociale et économique en RDC. La lutte contre ces violences reste un défi de taille, et l'accès des survivants à une prise en charge holistique de qualité demeure un autre défi à relever.
Trois délégations des personnes victimes des conflits fonciers ont été conduites par le Député national Eliezer Ntambwe auprès de la Ministre d'Etat, Ministre des affaires foncières Acacia Bandubola Mbongo mercredi 27 novembre 2024.
Au sortir de l’audience lui accordée par la Ministre dans son Cabinet de travail, l'Honorable Eliezer Ntambwe a déclaré qu’en tant que Député national, il est syndicat du peuple congolais auprès de l'exécutif, avant d’ajouter que les délégations qu'il a pris soins de conduire auprès de la Ministre Acacia Bandubola sont à la fois victimes des conflits fonciers et d’injustice.
"J'ai conduit trois délégations auprès de la Ministre d'Etat. La première est venue de Kipushi dans le Haut-Katanga, où plusieurs villages sont victimes d'une barbarie. On signale l'incursion des éléments de la Police Nationale Congolaise sous prétexte de la protection d'une certaine société qui aurait acquis plus de 400 milles hectares. Mais aussi, il y a un dossier d'une veuve qui est dans les cours et tribunaux plus de 27 ans déjà. Le dossier date de très longtemps sur l'avenue Mweneditu N°12 dans la commune de la Gombe, pour les biens qu'elle aurait acquis depuis l'époque du Zaïre avec son époux. Le troisième dossier, c'est un conflit foncier qui oppose une congolaise à un sujet indien dans la commune de la Gombe toujours. Voilà pourquoi, je suis venu voir la Minetat avec ces congolais victimes aussi d’injustice. Et, la Ministre d'Etat, Ministre des affaires foncières est très disponible et elle maîtrise son secteur. J'ai senti quand chacun exposait son problème, la Minetat répondait directement avec des éléments. Nous avons espoir que nous aurons une suite favorable. Le fonctionnement des institutions étant complémentariste, moi, je suis parlementaire, en tant que député national, je suis syndicat de ce peuple auprès de ceux qui sont dans l'exécutif. Nous devons leur faire confiance, vu le travail qu'ils sont en train de faire", a déclaré l'honorable Eliezer Ntambwe dans une interview accordée à la presse.
Rappelons que, lors de son avènement à la tête du Ministère des affaires foncières, la Ministre d'Etat Acacia Bandubola Mbongo a promis de réduire les conflits fonciers et de redorer l'image de l'administration foncière à travers un traitement efficace des dossiers en rendant une justice objective aux victimes des délits fonciers.
Le Vice-Premier Ministre, Ministre du Plan et de la Coordination de l’Aide au Développement, Guylain Nyembo, a fait une présentation sur l’état d’avancement du Programme de Développement des 145 Territoires (PDL-145T), ce jeudi 28 novembre 2024, à la tribune de la 11ème Conférence des Gouverneurs de province qui s’est tenue à Kalemie, chef-lieu de la province du Tanganyika (Sud-est de la RD Congo). Retenue comme sous-thème de ces assises présidées par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, cette présentation cadre avec le thème principal de la Conférence, à savoir : « Renforcer la gouvernance des provinces afin d’assurer la cohésion communautaire, facteur clé de la réussite du PDL-145T. »
Dans son intervention, Guylain Nyembo a rappelé que le Gouvernement a, jusque-là, démarré deux volets de la première composante de ce programme, à savoir : le lancement des travaux de construction et équipement de 1.198 écoles, 788 centres de santé et 145 bâtiments administratifs ; et le financement des études relatives à la réhabilitation de 40.479 Kilomètres des routes de desserte agricole.
Volet 1 : 44% de taux d’achèvement
Selon les chiffres avancés par le Vice-Premier Ministre, l’état d’avancement physique du volet 1 du programme qui vise à améliorer l’accès des populations des territoires ruraux aux infrastructures et services socioéconomiques de base indique que 518 écoles ont déjà été achevées (dont 418 livrées), 276 centres de santé achevés (dont 181 livrés) et 59 bâtiments administratifs achevés (dont 35 livrés), jusque fin octobre 2024. Soit un taux d’achèvement de 44%. Le taux d’ouvrages livrés (634) se situe, lui, à 32% à la même date.
En ce qui concerne l’état de financement du programme, Guylain Nyembo a fait observer que le coût initial du PDL-145T qui avait été évalué à 1.660.101.312 USD, est passé à 2,138 milliards USD, suite au changement de nature des travaux pour certains ouvrages et à certaines contraintes de mise en œuvre. « Le premier volet démarré, financé par la quotité des ressources tirées des Droits de Tirages Spéciaux (DTS) du FMI, évalué initialement à 511 millions USD est passé à 623 millions USD après les procédures de passation des marchés, créant un gap de 112 millions USD pour boucler les travaux de construction des écoles, des centres de santé et bâtiments administratifs des territoires», a ajouté le VPM.
Pour y remédier, un plan de mobilisation et décaissement du gap a été élaboré par le Ministère du Plan et de la Coordination de l’Aide au Développement et présenté en Conseil des Ministres qui l’a adopté. « Le Ministère des Finances a, conformément à ce plan, décaissé au mois d’octobre 2024, la somme de 59.729.397,42 USD, soit 52,6% du gap, au profit des Agences d’exécution. Le solde d’un montant de 52,27 millions USD sera décaissé respectivement à hauteur de 50% au cours des mois de novembre et décembre 2024 », a-t-il rassuré.
Des contraintes majeures
Guylain Nyembo a enchainé sur les contraintes majeures qui retardent la mise en œuvre du PDL-145T, le plus grand défi étant le financement du programme. Il a cité les difficultés d’accès aux sites par manque d’infrastructures, la contrainte du respect des délais règlementaires et des procédures d’approbations des marchés, la guerre d’agression du pays par le Rwanda à l’Est et la persistance des conflits intercommunautaires dans certains territoires (Nord-Kivu, Ituri, Mai-Ndombe), le manque des ressources pour la communication et la faible capacité managériale de certains prestataires.
Pour la poursuite de cet ambitieux programme qui découle de la vision du Président de la République pour un Etat équitable et solidaire, Guylain Nyembo a rassuré son auditoire. « Le Gouvernement s’emploiera à accélérer la mise en œuvre du PDL-145T, afin de garantir la livraison des ouvrages au bénéfice des territoires et de nos populations », a-t-il déclaré en substance. Deux actions seront menées à cet effet : le décaissement des ressources pour le démarrage des autres volets du programme notamment ceux relatifs à la construction des infrastructures énergétiques rurales (eau et électricité) ; et la mobilisation des ressources pour le lancement de toutes les autres composantes du PDL-145T pour un meilleur impact sur la population bénéficiaire.
Le VPM a annoncé, à l’occasion, l’organisation prochaine d’une revue du Programme pour remédier aux imperfections constatées et proposer les solutions y afférentes, notamment en ce qui concerne le financement du programme, la passation des marchés, la sélection des prestataires, la lenteur des travaux, la défaillance de certains prestataires, l’implication des communautés locales, l’implication des dirigeants provinciaux et des élus du peuple, le système d’information et le suivi-évaluation.
Réfléchir sur les mécanismes de financement
Guylain Nyembo a, en outre, salué la récente décision de l’Assemblée nationale de constituer une commission ad hoc sur le PDL-145T. « Lors de mon passage, le 12 novembre courant, devant l’Assemblée Nationale, l’autorité budgétaire a décidé de mettre en place une commission qui suivra étroitement la budgétisation et la mise en œuvre de ce programme. Ce qui est louable car il faut passer à la mise en œuvre concomitante de toutes les composantes de ce programme pour mieux impacter ses bénéficiaires directs », s’est-il réjoui.
La mise en œuvre du premier volet de la première édition du PDL-145T « démontre à suffisance la capacité de relever concomitamment le défit du développement sur toute l’étendue de notre pays », a, enfin, fait observer le Vice-Premier Ministre. D’où, son appel lancinant pour une mobilisation collective du pays dans son ensemble autour de ce programme : « Il est temps pour nous tous, dit-il, de réfléchir sur les mécanismes de financement du programme qui suscite tant espoir dans le chef de nos populations et [qui] boostera significativement le développement de nos Provinces. »
En visite à Isiro, dans le Haut-Uélé, ce samedi, le président Félix Tshisekedi a réitéré son appel à une révision de la Constitution, qu’il juge inadéquate pour répondre aux défis actuels de la RDC. Dans un discours passionné, il a dénoncé l’origine étrangère du texte actuel, qu’il considère comme un frein à la souveraineté et à la stabilité politique du pays.
Devant une foule conquise, le chef de l’État a expliqué que l’actuelle Constitution avait été conçue pour maintenir la RDC dans un état de fragilité. Il a appelé les citoyens à s’approprier le débat constitutionnel. “La Constitution actuelle est le fruit d’intelligences venues de l’étranger pour maintenir la RDC dans un état fragile”, a-t-il martelé.
Le garant de la Nation a promis de soumettre toute réforme à un référendum populaire. “Je ne veux pas que quiconque interdise au peuple congolais de réfléchir sur cette question qui concerne leur pays”, a-t-il laissé entendre.
Au-delà de la question constitutionnelle, Félix Tshisekedi a détaillé ses priorités pour le développement national. Parmi elles, l’emploi des jeunes occupe une place centrale. Il a annoncé l’installation prochaine d’agences dédiées à l’entrepreneuriat, visant à soutenir les initiatives économiques et à favoriser la création d’un tissu entrepreneurial robuste dans le pays.
Le Président a également abordé la question de l’insécurité, qu’il a attribuée aux «ennemis de la République». Il a réaffirmé son engagement à restaurer l’ordre et à protéger la souveraineté nationale. Cette détermination s’est traduite par des promesses concrètes pour sécuriser les zones sensibles et renforcer l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire.
Enfin, la visite à Isiro a été marquée par la commémoration du 60ème anniversaire du martyre de la bienheureuse Anuarite Nengapeta. Cet hommage symbolique a permis de renforcer les liens entre le gouvernement et la population locale, tout en célébrant les valeurs de résilience et de foi qui inspirent la nation congolaise.
Le Ministre Gilbert Kabanda a plaidé, la semaine dernière, à vienne, en Autriche, pour de nouvelles mesures et des investissements adéquats pouvant renforcer, en RD. Congo, la lutte contre le cancer, ‘’l'un des défis sanitaires mondiaux les plus pressants’’ de l’époque courante. Il a passé ce massage de sensibilisation, au moment de son allocution, au Petit-déjeuner de réseautage ’Rays of Hope’’ : Progrès, plans et possibilités de partenariat. Organisée par l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), cette activité aura permis au Ministre de la Recherche scientifique et Innovation technologique d’exiger la solidarité de tous et de chacun pour sauver des vies humaines en RDC, mais aussi dans le reste du continent.
‘’Le cancer reste l'un des défis sanitaires mondiaux les plus pressants de notre époque. Son impact est profondément ressenti sur le continent africain, où les inégalités d'accès aux soins anticancéreux vitaux sont criantes. Il est alarmant de constater que près de 20 pays africains ne disposent pas d'une seule installation de traitement par radiothérapie et que 40 % de la population du continent n'a toujours pas accès à ces services essentiels’’, a-t-il lancé. Le Ministre Kabanda a reconnu quelques avancées enregistrées grâce à l’appui de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), dans le cadre de l’Initiative «Rayons d’espoir».
‘’La République Démocratique du Congo (RDC) est un exemple de cette disparité. Jusqu'à récemment, il n'existait aucune installation publique de radiothérapie pour le diagnostic et le traitement du cancer. Cependant, le changement est en cours.
En février 2022, l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) a lancé l'initiative «Rayons d'espoir», un effort transformateur visant à combler le fossé en matière de soins contre le cancer dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. La RDC a été identifiée comme l'un des sept Etats membres de la première vague de cette initiative’’, a-t-il souligné, dans son discours de circonstance, devant l’ensemble de participants venus de divers horizons. Pour lui, il est question, désormais, de voir dans quelle mesure combler le fossé qui existe en matière de soins contre le cancer et offrir à tous un accès équitable aux traitements qui sauvent effectivement.
‘’L’histoire du cancer en RDC nous rappelle la nécessaire solidarité que nous devons partager. En investissant dans des initiatives telles que Rays of Hope, nous ne nous contentons pas de construire des installations, nous redonnons de l'espoir et sauvons des vies humaines dans cet élan de solidarité’’, a martelé l’ancien Ministre de la Défense nationale et des Anciens Combattants, à cette occasion-là. A Vienne, capitale autrichienne, Gilbert Kabanda a mené une mission intense, participant à plusieurs rencontres de haut niveau, pour le compte de son pays. Il est revenu à Kinshasa, depuis le week-end, sur une note positive. C’est visiblement l’un des rares à travailler selon la vision de Félix Tshisekedi, Président de la République, telle qu’endossée par le Gouvernement Suminwa.
Gloire Mfemfere
DISCOURS DU MINISTRE GILBERT KABANDA AU PETIT-DEJEUNER DE RESEAUTAGE « RAYS OF HOPE
Monsieur le Président,
Excellences,
Mesdames et Messieurs les délégués,
Le cancer reste l'un des défis sanitaires mondiaux les plus pressants de notre époque. Son impact est profondément ressenti sur le continent africain, où les inégalités d'accès aux soins anticancéreux vitaux sont criantes. Il est alarmant de constater que près de 20 pays africains ne disposent pas d'une seule installation de traitement par radiothérapie et que 40 % de la population du continent n'a toujours pas accès à ces services essentiels.
La République démocratique du Congo (RDC) est un exemple de cette disparité. Jusqu'à récemment, il n'existait aucune installation publique de radiothérapie pour le diagnostic et le traitement du cancer. Cependant, le changement est en cours.
En février 2022, l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) a lancé l'initiative « Rayons d'espoir », un effort transformateur visant à combler le fossé en matière de soins contre le cancer dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. La RDC a été identifiée comme l'un des sept États membres de la première vague de cette initiative.
S'appuyant sur cette dynamique, l'AIEA apporte un soutien essentiel à la RDC par le biais du projet national, en se concentrant sur le renforcement des capacités, notamment la formation de physiciens médicaux, d'infirmières en oncologie, de technologues en radiothérapie et de radio-oncologues.
En novembre 2023, le Directeur Général de l'AIEA et moi-même, agissant au nom du Président de la République, Chef de l’Etat, avions inauguré la construction du premier centre public de radiothérapie du pays, d'une installation d'imagerie diagnostique multidisciplinaire - comprenant des capacités de TEP/TDM et de cyclotron - et d'un centre de formation à Kinshasa.
L'AIEA a aidé la RDC à préparer un document bancable que la RDC utilise pour mobiliser des ressources en vue de la création du premier centre public de radiothérapie. Les dépenses totales d'investissement pour l'installation de radiothérapie sont considérables, avec des extensions de services plus larges, y compris l'imagerie diagnostique et une école de formation nationale.
Excellences,
L’histoire du cancer en RDC nous rappelle la nécessaire solidarité que nous devons partager. En investissant dans des initiatives telles que Rays of Hope, nous ne nous contentons pas de construire des installations, nous redonnons de l'espoir et sauvons des vies humaines dans cet élan de solidarité.
Travaillons ensemble pour combler le fossé qui existe en matière de soins contre le cancer et offrir à tous un accès équitable aux traitements qui sauvent des vies.
A l’aéroport international de N’djili, situé, précisément, dans la partie Est de Kinshasa, Jean-Lucien Bussa Tongba, Ministre du Portefeuille, a réceptionné, samedi 30 novembre 2024, au nom du Gouvernement, le tout premier aéronef de la nouvelle compagnie aérienne Air Congo. Il s’agit d’une entreprise d’économie mixte dans laquelle l’EÉtat Congolais est actionnaire majoritaire avec 51% des parts sociales contre 49% pour le groupe Ethiopian Airlines. Ses statuts ont été signés, à Kinshasa, capitale RD. Congolaise, le 20 septembre 2024.
Pour le Ministre Bussa, la création de la compagnie Air Congo témoigne de la volonté du Président Félix Tshisekedi à répondre aux attentes des congolais, tout au long de l’exercice de ses prestigieuses fonctions au summum de l’Etat. Dans son mot, sur place, lors de la réception de l’aéronef, il lui a rendu un vibrant hommage, saluant, en même temps, l’engagement du Gouvernement, sous la conduite de la Première Ministre Suminwa, à ne ménager aucun effort pour poser des actions aux résultats visibles.
‘’Au-delà de la chance, je voudrais dire, simplement, merci au Président de la République, qui grâce à sa vision, a permis la création d’une nouvelle société aérienne qui s’appelle Air Congo. Cette société qui traduit la volonté du Président de la République et sa détermination à vouloir faire changer la donne, a été lancée à partir de la signature des statuts entre la République démocratique du Congo et Ethiopian Airlines. La RDC a 51% des parts, Ethiopian Airlines a 49% des parts. C’est en septembre que j’ai, au nom de la République Démocratique du Congo, et sur instruction du Chef de l’Etat et Madame la Première Ministre, concrétisé cette volonté. Deux mois après, seulement, nous recevons donc le premier avion. C’est donc la matérialisation concrète de cette vision’’, a-t-il affirmé, de vive voix.
Le Ministre du Portefeuille a saisi l’occasion pour appeler les congolais à faire raviver leur confiance au Garant de la Nation pour le pousser à plus d’initiatives qui puissent promouvoir le bien-être de tous. Selon Jean-Lucien Bussa, l’avènement de la compagnie Air Congo va renforcer la compétitivité, dans le secteur de transport aérien, et permettra la mobilisation des recettes.
‘’Aujourd’hui, je voudrais dire au peuple congolais que lorsque le Chef de l’Etat promet, il réalise. D’autre part, je voudrais saluer le partenaire Ethiopian Airlines pour sa détermination aussi à pouvoir, avec la RDC, construire une grande société aérienne qui va permettre aux congolais de désenclaver le transport à l’intérieur… Parmi les engagements du Président de la République, il y a la création des emplois, la croissance de l’économie. Voilà une unité économique supplémentaire. Une nouvelle société qui vient de s’ajouter à celle qui existe. C’est aussi cela la concrétisation du développement économique. Voilà une société qui va employer les congolaises et congolais. Les emplois directs sont créés, les emplois indirects vont être créés. Voilà une société qui va permettre aussi d’accroitre les recettes publiques parce qu’elle va payer les impôts, les taxes et autres. Voilà, je suis l’homme le plus heureux, le Président de la République et Madame la Première Ministre plus que moi. C’est du concret. J’invite les voyageurs congolais ou étrangers qui résident en RDC de savoir qu’ils ont une nouvelle société sur laquelle ils peuvent compter pour le trafic à l’intérieur et dans la perspective, à très moyen terme, pour le trafic en dehors de la République démocratique du Congo’’, a confirmé, plus loin, le Ministre Jean-Lucien Bussa.
En visite de travail dans la province du Tanganyika, le Président Félix Tshisekedi a visité, ce mercredi, le chantier du nouveau Palais de justice de Kalemie. Les travaux de construction de cet édifice imposant ont été financés par la Suède et réalisés par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), dans le cadre d’un partenariat d’accompagnement du Gouvernement congolais dans le renforcement de l’État de droit et de la justice.
La remise officielle de cet ouvrage, où vont siéger les Cours et Tribunaux, interviendra au mois de décembre 2024. C’est une concrétisation de l’un des six engagements du Chef de l’État visant à rapprocher les services publics de la population, en l’occurrence l’appareil judiciaire, au travers d’un Palais de justice flambant neuf.
Le Chef de l’Etat a, par ailleurs, inauguré le Centre de santé de la Mutowa construit dans le cadre du Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145 T). Cette structure médicale moderne va offrir des soins de santé de qualité en faveur des habitants des 31 localités du territoire de Kalemie.
« C’est notre fierté parce que c’est le premier centre de santé équipé sur toute la République en ce qui concerne le PDL-145 T », a déclaré Erick Ngoie, Coordonnateur provincial du PDL-145 T pour le compte du PNUD. « Cet établissement est capable de faire des accouchements, des césariennes et surtout de faire tous les tests de laboratoire qui peuvent couvrir 90 pourcents de nos maladies », a rajouté Roger Kamba, ministre de la Santé publique.
Le Centre de santé de la Mutowa est notamment composé d’une réception, d’une pharmacie, d’un bureau de consultation, d’une salle d’observation pour les femmes et d’une salle d’observation pour les hommes, d’un laboratoire d’analyse, d’une salle de soins, d’une salle de travail, d’une salle post partum, d’une salle post partum tardif, des toilettes internes et un dépôt.
« Le PDL-145 T est un programme magique pour lequel nous voyons déjà des signaux. A Nyunzu, il y a des infrastructures qui poussent. A Moba, j’y étais récemment, il y a des écoles qui ont été réceptionnées », s’est réjoui Christian Kitungwa Muteba, gouverneur du Tanganyika, dans une interview accordée à la presse présidentielle.
Le PDL-145 T offre à la province du Tanganyika un projet de construction de 77 infrastructures dont 41 écoles, 30 centres de santé et 6 bâtiments administratifs. Le gouvernement vient de débloquer des fonds pour 14 infrastructures supplémentaires. Ces travaux, réalisés en partenariat avec le PNUD, sont exécutés par les entreprises Safricas et Kipelo Mashind Multiservices.
Le Chef de l'Etat achève son séjour de travail à Kalemie dans la province du Tanganyka ce week-end, avant de s’envoler à Isiro, chef-lieu de la province du Haut-Uélé et à Buta, chef-lieu de la province du Bas-Uélé. A Isiro, Félix Tshisekedi prendra part à la célébration de clôture de l’année jubilaire du 60ᵉ anniversaire du martyre de la Bienheureuse Anuarite Nengapeta Marie-Clémentine.
Il y a lieu de rappeler que Marie-Clémentine Anuarite Nengapeta a été béatifiée par le Pape Jean-Paul II le 15 août 1985. Depuis lors, elle est célébrée chaque 1er décembre comme "Martyre de la pureté".
Le VPM, Ministre de l'Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemin Shabani, qui l’a annoncé, mercredi 27 novembre dernier, lors d'un briefing conjoint avec son collègue de la Communication, a précisé que ce déplacement s'inscrit dans le cadre de son itinérance à travers le Congo profond, en dehors de Kinshasa.
"Il ne termine pas son itinérance en province à Kalemie. Le Président de la République sera ce week-end à Isiro pour la messe de la Bienheureuse Anuarite et à Buta pour une visite de courtoisie à la population, car c'est proche. Le mois de décembre, il a encore deux visites prévues en province qui seront très bientôt annoncées, avec deux Conseils des ministres délocalisés si tout va bien", a déclaré le Patron de la Sécurité et de la Territoriale en RDC.
Et de poursuivre : «Comme le Président a déjà initié cette itinérance, qui est aussi une promesse de campagne, il avait fait savoir partout où il passait à ses électeurs qu'il reviendrait et qu'il passerait son deuxième mandat à circuler à travers la République Démocratique du Congo. D'une pierre deux coups : il lance la Conférence des Gouverneurs et tient le Conseil des Ministres ici à Kalemie, ce qui lui prend la semaine".
Pour ces activités prévues durant huit jours, soit du mardi 26 novembre au mardi 3 décembre 2024 à Isiro (Haut-Uélé), Donatien Nshole, Secrétaire Général de la CENCO, avait annoncé en septembre la mise en place d'un Comité national de pilotage de l'année Bienheureuse Anuarite 2024 (COPIAN). Ce comité a pour objectifs principaux d’imprimer une dynamique nationale d'appropriation de la cause d'Anuarite à travers une dévotion populaire et de mobiliser les fonds nécessaires pour la construction d'un sanctuaire national en son honneur.
Le Gouvernement congolais, représenté lors de cet échange avec la presse, a été sensibilisé aux attentes de la CENCO pour réaliser les assignations de l'année jubilaire du 60ᵉ anniversaire du martyre d'Anuarite Nengapeta. L'Eglise catholique attend notamment de l'Etat une implication pour l'organisation de ce programme et une appropriation nationale de la cause d’Anuarite en tant que digne fille du pays. L'Église sollicite également une contribution du gouvernement pour la construction du sanctuaire national Bienheureuse Anuarite, dont les travaux sont en cours à Isiro, lieu de son martyre.
Le calendrier des activités de l'année jubilaire de la Bienheureuse Anuarite :
Mardi 26/11/2024 : Arrivée à Kisangani, puis départ pour Isiro par la route (pèlerinage sur les traces d'Anuarite, étape 1).
Mercredi 27/11/2024 : Départ de Kisangani et arrivée à Wamba par la route (pèlerinage sur les traces d'Anuarite, étape 2).
Jeudi 28/11/2024 : Pèlerinage sur les traces d'Anuarite, étape 2, et célébration eucharistique à Matari (village de la Bienheureuse Anuarite).
Vendredi 29/11/2024 : Départ de Wamba (en passant par Bafwabaka) et arrivée à Isiro (pèlerinage sur les traces d'Anuarite, étape 3).
Samedi 30/11/2024 : Pèlerinage sur les traces d'Anuarite, étape 4 ; confession, chapelet, etc.
Dimanche 01/12/2024 : Activités culturelles.
Lundi 02/12/2024 : Grande célébration de clôture de l'année jubilaire.
Mardi 03/12/2024 : Fin du pèlerinage et départ d'Isiro.
Le 1er septembre, tandis que les détenus de la plus grande prison du pays se soulevaient, Kinshasa se retrouvait sous le feu des projecteurs. Embarrassées, les autorités ont promis une enquête sur ces événements, qui ont fait officiellement 131 morts, et de mettre un terme à la surpopulation carcérale. Sans beaucoup de résultats pour l’instant. Au milieu de la misère, une prison. Au cœur de la prison, la misère. Les détenus de Makala, centre pénitentiaire coincé dans un quartier populaire de Kinshasa, sont pris en étau, écrasés par la surpopulation carcérale et les conditions de détention déplorables. « Makala, c’est un autre monde », résume Marcel, un ancien détenu de 40 ans récemment libéré. Son nom, comme tous ceux qui ont accepté de nous parler de leur incarcération, a été modifié pour protéger son anonymat.
Car ce dossier est très sensible. Contacté par Jeune Afrique, un cadre de l’administration de la prison se dit « trop acculé » pour divulguer des informations. « Je ne veux pas que ça vienne de moi », prévient-il. Le directeur de Makala, Joseph Yusufu Maliki, se trouvait à l’étranger quand une mutinerie a éclaté, le 1er septembre. Il a été suspendu et n’est pas rentré au pays par peur d’être désigné comme bouc émissaire. Il avait pourtant alerté le gouvernement sur la surpopulation et le risque de débordement. Au 1er septembre, cette prison sous-dimensionnée abritait 15 000 détenus pour une capacité dix fois moindre.
Au pavillon 2, 381 détenus essaient de dormir le soir fatidique. Parmi eux, Claude, 25 ans. Il croupit à Makala depuis 5 ans, jeté en prison pour viol sans avoir pu ne se défendre ni être confronté à la plaignante. En RDC, 80 % des prisonniers sont détenus de manière préventive selon le gouvernement. Claude se dit innocent mais son sort a été scellé par un magistrat, qui lui réclamait 2 500 dollars.
Des conditions de détention catastrophiques
« On ne peut pas être libéré sans rien payer, c’est ça le problème de la surpopulation », se désole Emmanuel Adu Cole, président de la Fondation Bill Clinton pour la paix (FBCP), qui milite pour les droits des prisonniers. Il existe en RDC une « marchandisation de la liberté », observe Sara Liwerant, directrice adjointe de l’École de criminologie de l’Université de Kinshasa. La vie en prison est soumise à un chantage financier tout comme la menace de l’incarcération. Des magistrats, des policiers voire des avocats peuvent exiger un montant pour vous éviter la case prison. « À Kinshasa, on vous place en détention pour tout et rien. Si deux voisins se battent, on les emmène en prison », renchérit un bon connaisseur de Makala, qui pointe le rôle essentiel des magistrats dans la surpopulation carcérale.
Tout s’achète à Makala. Les plus riches vivent dans des pavillons dits VIP tandis que les plus pauvres sont entassés dans des pavillons surchargés. « Les gens dorment entrelacés comme du bois de chauffage », raconte Henri, un détenu privilégié qui moque la médiatisation des dons de matelas. « Vous allez les mettre où alors qu’il n’y a même pas de place ? »
Avant de poser son matelas, il faut acheter son emplacement. Claude a payé cher pour obtenir une couchette : 100 dollars. Il doit aussi payer « la collecte » chaque dimanche, une participation aux frais du quotidien à remettre au gouverneur du pavillon. Les prix varient en fonction de votre milieu social. Heureusement, Claude a une famille qui a fait les fonds de tiroir pour aider le fiston. « Si tu n’as pas de famille, tu ne passes pas l’année », dit-il.
« On nous vend le sac de riz, le sucre, le poulet, des choses destinées aux prisonniers », fulmine Marcel. Les repas sont maigres et dégoutants, ajoute-t-il – « si on peut appeler ça de la nourriture ! » Surpopulation, conditions de vie déshumanisantes, maladies… « C’est exactement comme ce qu’a montré Bujakera, c’est pour ça que les gens se sont énervés, trop c’est trop », insiste Marcel en évoquant les révélations de notre correspondant Stanis Bujakera Tshiamala, détenu à Makala pendant 6 mois et qui a documenté le quotidien des prisonniers en diffusant des vidéos tournées à l’intérieur de Makala, en juillet 2024.
« Il y avait comme une tension ici quand ces images sont sorties et que le ministre est venu promettre de désengorger la prison. Mais ça ne venait toujours pas et les prisonniers ont commencé à s’impatienter », se remémore Henri. Constant Mutamba, le très en vue ministre de la Justice, a accusé les magistrats congolais de remplir les prisons à mesure qu’il tentait de les vider.
Marcel se rappelle d’une réunion des prisonniers autour de leurs gouverneurs deux mois avant la mutinerie. Ils leur demandaient de parler à la direction de la prison afin de trouver une solution à la surpopulation. Le centre pénitentiaire, plein à ras bord, était devenu une véritable cocotte-minute. L’explosion était inévitable.
Le récit d’une nuit d’enfer
Marcel, Claude, Henri et Donatien dorment quand la mutinerie éclate en pleine nuit. Ils sont réveillés par des coups de feu et des bruits sourds d’objets martelés sur les portes. La prison est plongée dans le noir. « Le soir, il y a eu une coupure de courant. On ne sait pas pourquoi. C’est une zone tellement sensible que s’il y a coupure normalement, cela ne dure pas. Mais les esprits ont commencé à s’échauffer et les prisonniers ont forcé les portes d’un des pavillons les plus surpeuplés », raconte un enquêteur indépendant.
L’absence de courant coupe la ventilation. « Les gens ont commencé à étouffer au pavillon 5 », explique Henri. Les outils, couteaux, lames de rasoir circulent sans problème à Makala. « Ils ont cassé et sont sortis du pavillon. Après ils ont aidé les autres à sortir et le mouvement s’est généralisé », raconte-t-il encore. « Les prisonniers se sont fâchés ! Nous étions trop nombreux et on ne voulait pas nous libérer », renchérit Marcel.
Les portes de plusieurs pavillons tombent les unes après les autres. Sept des 11 pavillons sont vandalisés. Des flots de détenus en colère se déversent dans la cour. L’anarchie se propage à bonne distance des surveillants, qui ne sont pas présents dans l’enceinte. Makala est gérée par les prisonniers. L’absence d’encadrants, le soir, est inadaptée aux yeux de Sara Liwerant, de l’École de criminologie de l’Université de Kinshasa : « La nuit est plus angoissante, surtout quand vous êtes enfermé, que vous n’avez pas mangé et que vous n’arrivez pas à dormir. »
Une fois sortis des pavillons, certains prisonniers essaient d’escalader les murs. « Mais les militaires perchés dans les miradors aux quatre coins de la prison ont tiré sur ceux qui tentaient de s’évader », reprend Henri. « Tous ceux qui tentaient de s’évader ont été tués », affirme Donatien, un ancien détenu de 27 ans qui a préféré, cette nuit-là, rester à l’abri dans son pavillon. Marcel a fait le même choix : « Je savais que j’avais nulle part où aller, il y avait des militaires partout. »
Le difficile décompte du nombre de morts…
C’est la panique et le chaos qui auraient fait le plus de victimes. Les gens sont morts écrasés dans des mouvements de foule. Les voies de sortie des cellules étaient des trous de souris vers lesquels les prisonniers se sont rués, comme Jeune Afrique a pu l’observer dans une vidéo des événements. Dans son bilan provisoire, le ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, avait évoqué 24 morts par balles sur 129 victimes. Le bilan sera réévalué plus tard à 131 victimes.
Ce bilan ne convainc aucune des personnes que nous avons interrogées. « Il y a en a eu beaucoup, qu’on ne vous trompe pas », insiste Marcel, qui évoque le nombre de 2 000 morts. Pour Claude, ce sont 1 200 personnes qui ont été tuées. Il dit avoir aidé au ramassage des corps alignés par rangs de 100 le lendemain. Donatien évoque aussi un millier de morts et raconte sa participation à la collecte des macchabés. « Tshisekedi, regarde ça, c’est un carnage », interpelle un prisonnier dans une vidéo visionnée par Jeune Afrique où l’on voit des cadavres.
« Les détenus que nous avons interrogés disent toujours qu’il y a eu beaucoup de morts, qu’ils ont vu des camions qui venaient chercher le corps. Mais il faut faire attention au témoignage de celui qui a vu “celui-qui-a-vu” », met en garde l’enquêteur indépendant précédemment cité. Ses premières estimations tournaient autour de 150 morts avant d’être ajustées à 200. « Ce sont des chiffres conservateurs », concède-t-il.
Une autre source évoque le nombre de 300 morts, en s’appuyant sur le décompte d’une morgue. Quatre établissements mortuaires ont reçu des corps. « Mais la capacité des morgues est limitée à Kinshasa. S’il y a eu 500 cadavres à Kinshasa, cela s’est forcément senti », met en doute l’enquêteur.
En l’absence de rapport officiel sérieux, il est difficile d’établir un bilan fiable. Et de croire les autorités, qui ont multiplié les prises de parole contradictoires. Le vice-ministre de la Justice, Samuel Mbemba, avait d’abord évoqué un bilan de 2 morts. Jacquemain Shabani avait pour sa part pudiquement parlé de « quelques femmes violées ».
Une minoration vertigineuse alors qu’au moins 269 femmes ont été violées, selon un rapport du Fonds des nations unies pour les populations (FNUAP). « Se rendant compte que le plan d’évasion avait été réduit à néant et dans la mêlée qui a suivi, certains prisonniers se sont dirigés vers l’aile des femmes, ont brisé les portes des cellules et violé 269 détenues », précise le document. Deux détenues sont mortes.
… et du nombre d’évadés
« Soit il y a eu un carnage, soit une évasion spectaculaire », affirme Emmanuel Adu Cole de la Fondation Bill Clinton pour la paix. À l’en croire, il manque environ 2 000 prisonniers entre le recensement du 1er septembre et celui du 6 septembre. « L’appel n’a pas été fait pendant 3 jours, c’était une période de flottement. La priorité n’était pas au comptage des détenus », relativise l’enquêteur.
« Vu les tirs nourris, je ne crois pas que des gens ont réussi à s’évader. Je n’ai pas entendu un seul témoignage d’un rescapé qui vu quelqu’un s’évader », précise Henri. Des détenus ont réussi à creuser un trou dans un mur de la prison mais ils auraient été cueillis à l’extérieur par les agents de sécurité.
Une source pénitentiaire confirme qu’aucune évasion n’a eu lieu pendant la mutinerie. En revanche, plusieurs détenus ont profité des campagnes de désengorgement de la prison pour se faire la malle. C’est pourquoi le procureur, Firmin Mvonde, s’inquiétait dans un communiqué daté du 11 octobre d’une recrudescence de l’insécurité dans Kinshasa à cause des « évadés du Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa ».
Ces événements ont de quoi embarrasser le très médiatique ministre de la Justice, Contant Mutamba. Il avait qualifié la mutinerie « d’actes de sabotages prémédités », laissant entendre qu’ils avaient été organisés pour nuire au gouvernement.
Mutamba s’est rendu plusieurs fois à Makala, où il a procédé à des vagues de désengorgement spectaculaires. Les images des détenus estropiés et décharnés quittant le centre pénitentiaire n’étaient pas sans rappeler d’autres clichés, pris à la fin de la Seconde guerre mondiale, à la libération des camps de concentration. Plus de 1 000 détenus ont pu quitter la prison. Mutamba a également suspendu le transfert de prisonniers vers Makala.
De nouvelles prisons en construction
« C’est un sujet très sensible pour ce ministre », commente l’une de nos sources qui connaît bien le milieu carcéral. Le ministre, qui dit avoir reçu la mission de « redresser l’appareil judiciaire et pénitentiaire », est en guerre ouverte contre la magistrature qu’il veut assainir. C’était l’un des objectifs des états généraux de la justice qui se tenaient à Kinshasa début novembre.
Plusieurs projets de constructions de centres de détention ont été annoncés en conseil des ministres, le 8 novembre. Cinq nouvelles prisons seront bâties en urgence et d’autres seront réhabilitées dans un délai maximum de 2 ans. Des maisons d’arrêt provisoire, d’une capacité totale d’environ 4 000 places, devraient voir le jour pour les prisonniers en attente de leur procès, soit 8 prisonniers sur 10. Cependant, « plus on construit de prison, plus on incarcère » met en garde Sara Liwerant. C’est pourquoi, elle insiste sur l’importance de respecter les conditions légales de détention et de l’insérer dans une réflexion politique sur l’institution pénitentiaire.
À Makala, la vie a repris son court, presque comme avant. Le dernier recensement au 19 novembre fait état d’environ 9 500 prisonniers. « Depuis, ça a fortement été militarisé », note l’enquêteur indépendant que nous avons consulté. « Maintenant, ce sont les militaires qui viennent ouvrir les pavillons le matin », relève Henri.
La prison porte encore les stigmates des violences. La grande salle d’audience, qui a été incendiée par les détenus, n’a pas été réhabilitée et des traces de sang sont toujours visibles sur un mur d’enceinte blanc contre lequel deux détenus ont été abattus.
« Il n’y a toujours pas d’enquête », déplore Henri qui a essayé de chercher la vérité en interrogeant ses codétenus. La Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, ainsi que le ministre de la Justice, avaient annoncé des investigations. Un rapport devait être publié sous sept jours après la mise en place d’une commission dirigée par Jean-Louis Esambo, conseiller spécial du président Félix Tshisekedi en matière de sécurité. Des promesses qui sont pour l’instant restées lettre morte. Aucun responsable gouvernemental contacté n’a répondu à nos questions.
« Nous avons fait le choix de la transparence », défendait pourtant Patrick Muyaya, le ministre de la Communication, sur France 24 le 9 septembre. Trois mois plus tard, aucun résultat d’enquête n’a été publiée. Le bilan humain et les causes de la révolte demeurent flous, à l’image d’une nuit chaotique plongée dans le noir.
Ce jeudi 28 novembre 2024, à Kalemie, dans la province du Tanganyika, le Chef de l’État, Commandant suprême des Forces armées congolaises, a présidé le Conseil provincial de sécurité élargi. Il était question de passer en revue la situation sécuritaire dans cette partie du pays où il est en visite de travail depuis mardi dernier.
«Le Président de la République a reçu les différents rapports sur l’état des lieux sécuritaire et a, à cette occasion, fait des recommandations et donné des instructions pour que les différents services trouvent des réponses à leurs préoccupations», a déclaré le Vice-Premier Ministre (VPM) en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani.
Selon le VPM Shabani, « les populations du Tanganyika peuvent être davantage sécurisées au sortir de cette réunion ».
Les responsables des services de sécurité des Forces armées de la République Démocratique du Congo (RDC) étaient accompagnés à cette réunion par le Gouverneur de la province du Tanganyika. Le Vice-Premier Ministre en charge de la Défense nationale et des Anciens combattants était également présent.
Le Conseil provincial de sécurité est un cadre d'échange d'informations, de résolution des problèmes et de formulation de recommandations sur des questions sécuritaires liées à une province du pays.