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La violence sexuelle contre les enfants est « ancrée » et continue de progresser en République démocratique du Congo – UNICEF

Plus de 35 000 cas de viol et d’agression sexuelle prenant pour cible des enfants ont été enregistrés à l’échelle du pays en 2025

KINSHASA/NEW YORK, le 30 décembre 2025 – La violence sexuelle contre les enfants est un problème endémique et systémique qui ne cesse de s’aggraver en République démocratique du Congo (RDC), selon un nouveau rapport de l’UNICEF publié aujourd’hui. Si le conflit continue de jouer un rôle majeur dans cette situation, ce rapport démontre qu’aucune province n’est épargnée et que le nombre de cas a nettement augmenté depuis 2022.

Comme l’illustre le rapport, les données compilées à l’échelle nationale par les fournisseurs de services de protection et de lutte contre la violence liée au genre font état de plus de 35 000 cas de violence sexuelle prenant pour cible des enfants recensés au cours des neuf premiers mois de l’année 2025, signe que la crise continue de s’intensifier. En 2024, le pays avait enregistré près de 45 000 actes de violence sexuelle commis contre des enfants, soit presque 40 % de l’ensemble des cas signalés, et trois fois plus qu’en 2022.

Ces chiffres mettent en évidence un préjudice généralisé et ancré durablement, avec un bilan réel certainement bien plus lourd du fait des défauts de signalement, bon nombre de victimes étant dans l’impossibilité de se faire connaître ou de demander de l’aide en raison de la peur, de la stigmatisation, de l’insécurité et de l’accès limité aux services requis.

« Les travailleurs sociaux racontent qu’il faut parfois plusieurs heures aux mères pour accompagner à pied leurs filles jusqu’à un centre de santé alors que ces dernières ont subi une agression et ne sont plus en mesure de marcher. Aux dires des familles, la peur de la stigmatisation et des représailles les empêche souvent de signaler les actes de violence », a déclaré Catherine Russell, Directrice générale de l’UNICEF. « Et les témoignages sont les mêmes d’une province à l’autre, signe qu’il s’agit d’une crise profonde alimentée par l’insécurité, les inégalités et le manque de robustesse des systèmes de soutien. »

Les différents schémas qui se dessinent selon les provinces révèlent la nature de cette crise. La plupart des cas sont concentrés dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, où le conflit, les déplacements et la fragilité des systèmes de protection engendrent un risque extrême. Néanmoins, le nombre de cas signalés à Kinshasa et dans la province du Kasaï est également considérable, la pauvreté, l’insécurité alimentaire et la déscolarisation accentuant la vulnérabilité des filles face à l’exploitation et au mariage précoce.

À l’échelle du pays, les adolescentes restent la cible principale. Elles représentent la part la plus importante – et toujours croissante – des victimes. Les garçons font également l’objet de violences sexuelles, mais dans une proportion nettement inférieure parmi les cas signalés. Les enfants en situation de handicap sont exposés à un risque accru, car les obstacles physiques et sociaux et les entraves à la communication augmentent non seulement leur vulnérabilité, mais restreignent aussi leur accès aux soins et au système de justice.

Parallèlement aux constatations de ce rapport, des données distinctes confirmées par les Nations Unies mettent en lumière certaines tendances dans les régions en proie au conflit. Ainsi, les cas signalés d’actes de violence sexuelle prenant pour cible des enfants, déjà nombreux en 2022 et en 2023, ont encore augmenté de près de 30 % en 2024. D’après les données préliminaires datant du début de l’année 2025, la situation reste extrêmement grave : le nombre de cas signalés au cours des six premiers mois pourrait représenter plus de 80 % du total observé l’année précédente. 

Blessure grave, grossesse non désirée et risque accru de contracter le VIH ou d’autres infections sexuellement transmissibles sont autant de préjudices auxquels font face les rescapé(e)s, sans parler des profondes séquelles émotionnelles telles que la peur, l’anxiété, la dépression et le rejet de la société, y compris l’exclusion familiale et communautaire. Pourtant, les victimes n’ont qu’un accès limité à l’aide vitale dont elles ont besoin.

Aux côtés du Gouvernement et de ses partenaires, l’UNICEF met tout en œuvre pour que les enfants puissent bénéficier de soins cliniques, de services de soutien psychosocial, d’espaces sûrs et d’une prise en charge centrée sur les victimes. Entre 2022 et 2024, le nombre d’enfants rescapés recevant une aide de l’UNICEF a augmenté de 143 %, ce qui représente pas moins de 24 200 enfants dans les provinces les plus touchées en 2024.

Toutefois, l’insécurité et les coupes opérées dans les financements de l’aide mondiale ont contraint beaucoup d’espaces sûrs, de cliniques mobiles et de programmes de protection communautaires soutenus par l’UNICEF à réduire leurs services, voire à fermer leurs portes. Mi-2025, les interventions de lutte contre la violence liée au genre n’étaient financées qu’à hauteur de 23 %, contre 48 % en 2022, une situation qui expose des centaines de milliers d’enfants (dont 300 000 dans les régions de l’est en proie au conflit) au risque de perdre tout accès à cette aide vitale.

L’UNICEF exhorte le Gouvernement, toutes les parties au conflit, ainsi que les partenaires de la société civile et de la communauté internationale, à prendre les mesures suivantes :

  • Faire cesser et prévenir toutes les formes de violence sexuelle ciblant les enfants, notamment dans les situations de conflit, conformément à la législation nationale et au droit international ;
  • Multiplier les services d’intervention en cas de violence liée au genre, les doter des moyens nécessaires pour répondre aux besoins particuliers des enfants rescapés (espaces sûrs, soins cliniques, soutien en santé mentale, etc.) et favoriser l’orientation confidentielle et sans danger des victimes vers ces services ;
  • Renforcer l’application du principe de responsabilité en menant des enquêtes, en poursuivant les auteurs en justice, en protégeant les victimes et les témoins, et en améliorant la collecte de données et le signalement ;
    Accroître durablement les investissements en vue d’étendre les services de protection et de renforcer les actions de prévention au sein des communautés.

« Cette crise liée à la violence sexuelle exige une intervention immédiate et l’observance du droit international dans les situations de conflit. Les auteurs doivent être mis face à leurs responsabilités, tandis que les femmes et les enfants doivent avoir accès aux services de protection et de soutien indispensables », a ajouté Catherine Russell.

 

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Journée mondiale du VIH/SIDA : à Kisantu, un silence qui révèle une faille dans la communication publique en santé

Alors que le monde entier marquait, ce 1er décembre, la Journée mondiale de lutte contre le VIH/SIDA, Kisantu s’est illustrée par un silence inhabituel. Dans plusieurs villes du pays, des activités de sensibilisation ont été organisées, notamment à Matadi où la Journée a été célébrée au Centre des jeunes de Mikondo, dans la commune de Mvuzi. Ces activités s’inscrivaient dans le cadre de l’Initiative présidentielle pour l’élimination du VIH/SIDA chez l’enfant (IPESE), centrée sur la prévention, le dépistage et l’accès aux soins.

À Matadi, jeunes et acteurs de santé ont été mobilisés autour du thème national : « Une riposte équitable pour une RDC sans sida d’ici 2030 ». Mais à Kisantu, l’ambiance était tout autre.

Aucune activité officielle, aucun message de sensibilisation diffusé dans les rues, aucune campagne sur les radios locales. La rédaction, après plusieurs tentatives, n’a pu joindre le médecin chef de zone, laissant planer un flou total autour de l’organisation ou plutôt de l’absence d’organisation de cette journée dans la cité.

Pour une agglomération à forte densité de jeunes, cette absence d’initiatives interpelle.

Les indicateurs de santé sexuelle à Kisantu sont préoccupants. D’après un rapport récent de l’ONG APEF, les quartiers de Kimbala, Kikonka et Nkandu enregistrent un nombre élevé de grossesses non désirées, symptôme d’un accès insuffisant à l’éducation sexuelle et aux services de prévention.

Ce manque d’encadrement se reflète dans les perceptions des jeunes. Sur vingt jeunes interrogés (16 à 24 ans), seuls deux ont affirmé utiliser régulièrement le préservatif. La majorité évoque des croyances erronées : le lubrifiant serait “dangereux”, le préservatif provoquerait des “problèmes de prostate”, ou réduirait le plaisir sexuel.

Ces idées reçues, véhiculées sans contradiction faute de campagnes éducatives, confirment un déficit d’information structurel.

La RDC a placé l’horizon 2030 comme objectif pour parvenir à une génération sans VIH. Toutefois, l’absence totale d’activités à Kisantu ce 1er décembre révèle un décalage inquiétant entre les orientations nationales et leur application locale.

Ce silence n’est pas un simple oubli dans le calendrier sanitaire : il traduit une faiblesse profonde dans la communication publique, un manque de coordination entre les services de santé et les relais communautaires.

À Kisantu, le mutisme autour de la Journée mondiale du VIH/SIDA met en lumière l’urgence d’une stratégie locale adaptée, centrée sur : l’éducation sexuelle complète, la correction des fausses croyances, l’implication des médias communautaires, et la mobilisation des écoles, paroisses et organisations de jeunesse.

Face à une population jeune, exposée et peu informée, la prévention ne devrait pas dépendre d’une date mondiale, mais d’un engagement continu. Le 1er décembre 2025 restera à Kisantu comme le symbole d’une occasion manquée et peut-être le point de départ d’une prise de conscience collective.

Bosco Kiaka

 

Journée mondiale du VIH/SIDA : à Kisantu, un silence qui révèle une faille dans la communication publique en santé
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Lutte contre le VIH/sida: quelques progrès et beaucoup d’inquiétudes

La lutte contre le VIH est dans une situation paradoxale. Malgré des avancées scientifiques réelles, le dernier rapport de l’Onusida livre un constat alarmant : la riposte mondiale est fragilisée, prise dans une spirale de financements en baisse et de ruptures de services sanitaires.

Selon la directrice de l’Onusida, Winnie Byanyima, « la réponse mondiale contre le VIH a connu son plus important recul depuis des décennies ». Dans treize pays, le nombre de personnes nouvellement mises sous traitement a diminué. Des ruptures d’approvisionnement sont rapportées en Éthiopie et en République démocratique du Congo, touchant aussi bien les tests de dépistage que l’accès aux traitements antirétroviraux. Au Nigeria, la distribution de préservatifs a chuté de 55%. Les organisations communautaires, qui constituaient jusqu’ici le cœur de la riposte, sont durement frappées : plus de 60% de celles dirigées par des femmes ont dû suspendre des programmes essentiels.

À l’échelle mondiale, près de 40,8 millions de personnes vivent aujourd’hui avec le VIH. L’an dernier, 1,3 million de nouvelles infections ont été enregistrées. Et 9,2 millions de ces personnes n’ont toujours pas accès à un traitement ARV. « Le VIH n’est pas fini », insiste Winnie Byanyima, qui lance un appel pressant à la mobilisation internationale, quelques jours seulement après une terrible désillusion. Le Fonds mondial contre le sida, le paludisme et la tuberculose n’a récolté qu’un peu plus de 11 milliards de dollars pour les trois prochaines années, quand il estimait en avoir besoin de 18 milliards. Cette reconstitution est même inférieure à celle de 2022, menaçant ainsi la pérennité de nombreux programmes tout autour du monde.

Quelques avancées dans les labos

Pourtant, dans les laboratoires et les centres de recherche, la lutte contre le virus ne stagne pas. Yazdan Yazdanpanah, directeur de l’ANRS-MIE (Agence nationale de recherche sur le sida et les maladies émergentes), y voit une situation paradoxale, une « double dynamique » avec, d’un côté, des progrès thérapeutiques importants ; de l’autre, un affaiblissement de la capacité à les déployer.

Des traitements antirétroviraux à longue durée d’action sont désormais disponibles. Plutôt que de vivre avec la prise quotidienne d’un comprimé, des patients peuvent espacer les doses : « on peut faire tous les deux mois », explique Yazdan Yazdanpanah, ce qui améliore l’acceptation du traitement. « 43% des personnes vivant avec le VIH privilégient ces traitements longue durée parmi leurs premiers choix, même avant des critères comme les effets secondaires ou la taille des comprimés ».

Autre innovation majeure : la PrEP injectable, en prévention.

Le Lénacapavir, recommandé récemment par l’OMS, offre une protection semestrielle contre l’infection. « C’est une injection tous les six mois pour empêcher le VIH », précise Yazdan Yazdanpanah. Grâce à un accord international, le coût pourrait tourner autour de 40 dollars par an dans 120 pays à ressources limitées, alors que le médicament était jusqu’à présent vendu environ 30 000 dollars par an aux États-Unis.

Comment faire sans assez d’argent ?

Mais ces avancées risquent de rester théoriques si les systèmes de santé ne suivent pas. En 2025, l’aide mondiale au développement en matière de santé a diminué de 22%, marquée par la diminution ou l’arrêt de programmes américains.

« Le problème, c’est la brutalité qui va avec », estime Yazdan Yazdanpanah. « Il faut lutter contre. Mais dans le même temps, cette dépendance envers les États-Unis, en termes de recherche et d’intervention sur le VIH, ce n’est pas normal non plus. Il y a un problème avec notre écosystème et il faut réfléchir à ça. »

L’Afrique subsaharienne illustre ce dilemme. Le continent concentre une grande partie des nouvelles infections et 60% des malades du VIH y vivent. Dans plusieurs zones, les fermetures de centres communautaires se multiplient, tandis que la distribution de préservatifs ou l’accès au dépistage régresse. La crise du financement, combinée aux séquelles de la pandémie de Covid-19, fragilise, voire compromet, les progrès réalisés depuis le début des années 2000.

L’Onusida est claire : « La science seule ne suffira pas ». L’agence onusienne appelle ainsi à repenser le modèle de financement international, et que les pays les plus touchés y consacrent des ressources propres. Faute de quoi, au lieu de mettre fin à l’épidémie de VIH/sida en 2030 comme elle s’y est engagée, la communauté internationale ne pourra qu’au mieux la contenir. Pire, si les trajectoires financières restent dans leur dynamique actuelle, l’Onusida anticipe un retour à la hausse du VIH/sida d'ici à 2030.

RFI

Lutte contre le VIH/sida: quelques progrès et beaucoup d’inquiétudes
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Lutte contre le Paludisme à Mont-Ngafula : le CJP engage un dialogue avec la communauté de Kindele

Le Corps des Jeunes contre le Paludisme (CJP), Coordination Provinciale de Kinshasa, a organisé un dialogue communautaire d’envergure dans l’aire de santé de Kindele, dans la commune de Mont-Ngafula. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Projet d’Egalité de Genre dans la Lutte Contre le Paludisme, financé par l’ALMA (Alliance des Leaders Africains contre le Paludisme). Sous la houlette du coordonnateur provincial Fabien Mbiya, et en présence du représentant du Médecin Chef de Zone de Santé (MCZS), du chef de quartier, du Présicodesa, de l’AC, de l’Infirmier Titulaire de l’aire de santé et de plusieurs notables, la communauté locale a brisé le silence.

Répartis en 15 hommes, 15 femmes, 15 jeunes filles et 15 jeunes garçons, soit 60 participants au total, les habitants ont exposé sans détour les réalités qui minent leur quotidien. L’absence de visites à domicile par les agents de santé, le manque criant de matériel médical, la rupture des stocks de médicaments antipaludiques, l’absence de moustiquaires imprégnées, l’insécurité due au manque d’éclairage public, et l’eau potable devenue un luxe : autant de défis qui rendent la lutte contre le paludisme encore plus ardue.

Nous voulons vivre dignement, pas survivre », a lancé une maman, la voix tremblante mais déterminée. Ce cri du cœur résume l’état d’esprit d’une population qui, malgré les difficultés, reste debout et engagée.

La présence de la délégation nationale des 15 champions du CJP/Kinshasa a donné à l’événement une portée symbolique forte. Elle a témoigné de la volonté du CJP de faire entendre la voix des communautés, en particulier celle des femmes et des jeunes, souvent reléguées au second plan dans les politiques de santé publique.

Ce dialogue marque une étape dans un processus plus large : celui de la co-construction de solutions durables, équitables et adaptées aux réalités locales. Le CJP/Kinshasa s’engage à faire remonter ces doléances aux instances compétentes, avec l’appui de ses partenaires, pour que Kindele ne soit plus un point aveugle de la lutte contre le paludisme.

Nathan Mundele

 

 

 

Lutte contre le Paludisme à Mont-Ngafula : le CJP engage un dialogue avec la communauté de Kindele
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Refus de prendre en charge une patiente , Kinshasa : le ministère de la Santé suspend les services d’urgence du Centre Médical Diamant et du Centre Hospitalier HJ !

Le Ministère de la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance Sociale a ordonné, en date du 9 septembre 2025, la suspension immédiate des activités du service des urgences du Centre Médical Diamant et du Centre Hospitalier HJ. Cette décision, d'une gravité exceptionnelle, fait suite à un incident tragique survenu dans la nuit du 7 au 8 septembre 2025, entraînant le décès de Mme Divine Kumasamba, qui aurait été privée de soins appropriés.

Selon la correspondance officielle signée par le Dr Yuma Ramazani Sylvain, Secrétaire Général à la Santé Publique et Hygiène, Mme Divine Kumasamba avait été admise en urgence, au Centre Médical Diamant, puis au Centre Hospitalier HJ. Cependant, elle n'aurait pas pu bénéficier des soins nécessaires faute d'avoir pu honorer une caution exagérée qui lui était exigée dans les deux hôpitaux, et ce, malgré qu’elle disposait d’un acompte à verser. Cette situation inacceptable a malheureusement conduit à son décès, une faute grave de soins qui contrevient aux principes fondamentaux du partenariat liant la structure médicale au Ministère de la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance Sociale, notamment dans le cadre de la couverture santé universelle.

Le Ministère de la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance Sociale, sous l'instruction de Samuel Roger Kamba, a donc décidé de prendre des mesures fermes.  La suspension des activités du service des urgences du Centre Médical Diamant et du Centre Hospitalier HJ est effective jusqu'à nouvel ordre, en attendant les investigations approfondies menées par l'Inspection Générale de la Santé.

Cette affaire met en lumière les défis persistants en matière d'accès aux soins de santé en République Démocratique du Congo et rappelle l'engagement du gouvernement en faveur de la couverture santé universelle, un droit pour chaque Congolais.

Une copie de cette décision a été transmise à plusieurs autorités et entités, notamment à  l'Inspecteur Général à la Santé Publique, la Directrice des Etablissements de Soins et Partenariat, ainsi que les présidents des Conseils Nationaux de l'Ordre des Médecins et des Infirmiers, soulignant la portée et la gravité de cette mesure. Les investigations déjà  en cours, vont déterminer les responsabilités exactes et garantir que de tels drames ne se reproduisent plus.

Nathan Mundele

Refus de prendre en charge une patiente , Kinshasa : le ministère de la Santé suspend les services d’urgence du Centre Médical Diamant et du Centre Hospitalier HJ !
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Commémoration des victimes du GENOCOST, Dénis Mukwege : ‘‘… La justice pour les millions de victimes congolaises est non négociable …’’

Samedi 2 août 2025, les congolais, de partout à travers le monde, ont commémoré les victimes du génocide pour des gains économiques, « GENOCOST ». A Kinshasa, une cérémonie officielle a été organisée par le gouvernement de la République sous l’impulsion du Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, où un mémorial a été érigé en hommage de toutes les victimes tombées lors de cette guerre du Congo. Dr Dénis Mukwege, prix Nobel de la paix a, dans une déclaration publique du samedi 2 août, commémoré le «début de la deuxième guerre du Congo ». Ce qu’il qualifie de « conflit » le plus meurtrier depuis la 2ème guerre mondiale a, selon lui, ouvert la voie à un cycle de violences qui se poursuivent jusqu’à ce jour. L’intégralité de sa déclaration est reprise ci-dessous.

Commémoration du début de la deuxième guerre du Congo

En ce 2 août, nous commémorons le début de la deuxième guerre du Congo. Ce conflit, qui est le plus meurtrier depuis la 2e guerre mondiale, a ouvert la voie à un cycle de violences qui se poursuivent jusqu’à ce jour. Nous rendons hommage aux victimes et aux communautés martyres de trois décennies d'exploitation, d’asservissement et d'extermination planifiée.

L'actuelle guerre d’agression que subit les Kivus s'inscrit dans la ligne droite d'une planification orchestrée depuis 1998. Le dernier rapport du Groupe d’experts des Nations Unies sur la RDC a encore démontré que le mobile principal de la résurgence du M23 contrôlé par l’armée rwandaise réside dans l’accaparement des ressources minières congolaises, compromettant sérieusement l’intégrité de la chaine d’approvisionnement des minerais stratégiques essentiels à l’économie mondiale.

Pourtant, après des décennies de pillages et de crimes, les autorités congolaises poursuivent le bradage de nos ressources et l’abandon de notre souveraineté avec la conclusion d’accords de paix précipités, opaques et non-inclusifs. A l’instar de la présence prédatrice des Chinois opérant en RDC, les récentes initiatives diplomatiques s’inscrivent une fois de plus dans une logique extractiviste néocoloniale choquante. En effet, pour chercher à obtenir la paix, le régime de Kinshasa s’est engagé à travers les Accords de Washington et de Doha à légaliser le pillage de nos ressources et à légitimer l’occupation de nos agresseurs.

La diplomatie congolaise se distinguerait davantage en exigeant un Tribunal Pénal international pour la RDC, en déployant des efforts continus pour réclamer des sanctions internationales à l’encontre des agresseurs et en réclamant la mise en œuvre de la résolution 2773 du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

Dans l'intervalle, il est révoltant de constater que le plan de balkanisation de la RDC poursuit inexorablement son cours. Après l'invasion des zones minières et l'installation d'administrations parallèles, les rebelles de l'AFC/M23 s'appuient sur le climat de terreur qu'ils ont instillé dans les territoires qu'ils occupent pour promouvoir un fédéralisme qui préfigurera l’éclatement du pays, alors que toutes les structures de la République sont en faillite. Ces revendications s'inscrivent clairement dans un plan bien huilé des acteurs de la déstabilisation de la Nation congolaise de concourir à la naissance d'un nouvel État dans l'Est de notre pays. Malheureusement, si notre population ne se réveille pas aujourd'hui, nous risquons d'être la dernière génération à avoir grandi dans les frontières actuelles de la RDC.

En cette journée du GENOCOST, qui signifie « le génocide pour des gains économiques », nous réaffirmons que la justice pour les millions de victimes congolaises est non négociable et qu’aucun accord ne pourra mener à une paix durable en sacrifiant la justice et le droit international. Nous sommes encouragés par l’organisation d’activités de commémoration à Kinshasa et dans de nombreuses villes de la RDC mais aussi dans divers pays d’Afrique, d’Europe, aux Etats-Unis et même au Brésil.

Personne ne viendra sauver le Congo à notre place. Après trente ans de violences inouïes, il est évident qu'aucun dirigeant du monde ne placera notre souffrance au rang de ses priorités, en lieu et place de servir les intérêts du peuple qui l'a élu. C'est pourquoi, aujourd'hui plus que jamais, nous comptons sur votre vigilance, votre prise de conscience et votre détermination pour insuffler une nouvelle trajectoire à notre Nation, et tourner une fois pour toutes cette page sombre de l’histoire de la RDC, de l’Afrique et de l’humanité.

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Point épidémiologique semaine 27, Mpox et Choléra, RDC : le Gouvernement renforce la riposte !

Le Ministre de la Santé publique, Dr Samuel Roger Kamba, a présidé hier, lundi 14 juillet 2025, la réunion de coordination stratégique, une réunion hebdomadaire d’évaluation des épidémies en cours, avec un focus particulier sur la variole du singe (Mpox) et le Choléra. Les équipes techniques, les partenaires ainsi que les experts nationaux et internationaux ont pris part à cette réunion importante.

Situation épidémiologique de la Mpox

Les indicateurs montrent une tendance globale à la baisse : 529 cas suspects investigués (cumul : 90 994 depuis la SE 1/2024) ; 135 cas confirmés cette semaine (cumul : 26 613) ; 603 338 personnes vaccinées à ce jour.

Une migration progressive des cas est observée, passant des jeunes enfants aux enfants plus âgés, y compris dans les zones endémiques ainsi que dans les provinces de l'Est, en particulier les Kivus.

L’ensemble du Gouvernement, par l’entremise du Ministère de la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance Sociale, réaffirme sa détermination à lutter contre cette épidémie. «Nous appelons à une mobilisation communautaire active et au respect strict des mesures d’hygiène pour contenir cette épidémie».

Situation épidémiologique du Choléra

La situation épidémiologique du choléra reste préoccupante avec une progression continue observée cette semaine : 2 085 cas notifiés (soit une augmentation de près de 19 % par rapport à la semaine précédente) ; 95 décès enregistrés ; Sur 83 prélèvements analysés, 42 % se sont révélés positifs au choléra (35 cas).

Les experts de santé publique ont rapporté que parmi les cas de décès enregistrés, 16 enfants à l’orphelinat Mama Koko à Kinshasa ont été signalés. Les zones les plus touchées sont les provinces de la Tshopo, de l’Equateur (Mbandaka) et de Lomami.

Une campagne de vaccination est en cours dans 4 provinces, avec une extension prévue dans 11 zones à haut risque. Il a été mentionné qu’un appui des partenaires notamment de l’UNICEF a aussi été relevé dont 20 tonnes de kits pour combattre cette épidémie de choléra.

Devant cette épidémie, l’ensemble du Gouvernement, à travers le Ministère de la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance Sociale, reste engagé pour y faire face. « Nous invitons la population à rester mobilisée et à appliquer strictement les règles d’hygiène pour contenir sa progression ».

Pendant ce temps, cette épidémie vient d’être officiellement déclarée dans la province de Maï-Ndombe après la confirmation de deux des trois premiers échantillons par l’INRB. Confirmation faite par le Gouverneur de cette province annonçant jusqu’à ce jour 233 cas suspects, dont 30 décès avec une moyenne de 25 malades accueillie dans les différents centres et unités de traitement de choléra dans les sept zones de santé touchées.

César Nkangulu

Point épidémiologique semaine 27, Mpox et Choléra, RDC : le Gouvernement renforce la riposte !
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