La République Démocratique du Congo a officiellement reçu, lundi 23 juin 2025, un lot de 100 000 doses de vaccins MVA-BN contre le Mpox (variole du singe). La remise a été effectuée par l’Ambassadeur de France en RDC, au nom du gouvernement français, au Ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévention sociale.
Un don qui illustre la solidité de la coopération sanitaire entre la France et la République Démocratique du Congo. Il vient appuyer les efforts nationaux pour endiguer l’épidémie de Mpox, qui continue d’affecter plusieurs régions du pays.
Le vaccin MVA-BN, approuvé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), est reconnu pour son efficacité dans la prévention de cette maladie virale.
Ces 100 000 doses permettront de renforcer la campagne de vaccination en cours, en ciblant les populations les plus vulnérables et à risque. Il permettra également de protéger les groupes les plus exposés et de briser la chaîne de transmission.
Au nom du gouvernement congolais, le Directeur de cabinet du Ministre de la Santé a exprimé sa profonde gratitude envers la France pour ce geste de solidarité qui répond à une urgence de santé publique.
Lors de la cérémonie officielle, l’Ambassadeur de France a souligné que ce don, estimé à 11 millions USD, incarne « un destin sanitaire partagé » :
« Protéger les Congolais, c’est aussi protéger les Français ».
Le DG de l’INSP, qui a réceptionné le vaccin, a salué « un geste de solidarité fort et émouvant » et assuré une utilisation rigoureuse, transparente et efficace, au service de la population congolaise.
Cette action s’inscrit dans l’approche « Une seule santé », promue par l’OMS, qui appelle à une réponse coordonnée face aux menaces sanitaires mondiales.
L’épidémie de Choléra ne cesse de grimper dans la ville-province de Kinshasa avec une dizaine des zones de santé touchée. L’Organisation Mondiale de la Santé, « OMS », engagée dans la lutte contre cette épidémie s’active, aux côtés du Ministère de la Santé publique pour renforcer la réponse d’urgence. Ainsi, 6890 Kits d’intrants vitaux – Kits sanitaires et de WASH – ont été fournis hier, lundi 23 juin 2025 pour la prise en charge des patients.
Il s’observe une forte recrudescence des cas de choléra dans plusieurs provinces de la RDC, a alerté l’Institut Nationale de Santé Publique (INSP), depuis le début de cette année 2025. 30 902 cas confirmés en laboratoire dont 664 décès, majoritairement survenus en milieu communautaire. Certaines zones urbaines de la capitale congolaise, Kinshasa, sont comptées parmi les plus touchées par cette épidémie avec 41 nouveaux cas enregistrés depuis une semaine dont 3 décès. Elles présentent un cumul de cas de 136 patients depuis le début de l’année, a rapporté un communiqué de l’INSP dimanche 22 juin 2025.
Les zones de santé de Limete, Matete et Kokolo sont actuellement les plus touchées dans la capitale. Dans plusieurs communes de Kinshasa, les populations vivent dans une promiscuité aiguë, parfois sans installations hygiéniques appropriées et le manque d’eau potable.
Et pour faire face à cette montée croissante des cas dans la capitale, l’OMS vient en rescousse au Ministère de la Santé Publique en apportant des Kits sanitaires en vue d’arrêter cette expansion de choléra, a fait savoir le Docteur Guy Kalambayi, responsable de la préparation et du Règlement sanitaire International (RSI).
« Nous appuyons MSF dans la réponse contre le Choléra, particulièrement dans la zone de santé de Kokolo où il y a énormément de cas, en mettant à sa disposition les intrants nécessaires », a-t-il indiqué.
Des intrants ultra nécessaires qui, selon Serge Kamo, Pharmacien Manager Pool d’urgence Congo, permettront aux techniciens de terrain de «mener à bien cette activité de riposte dans les zones urbaines de Kinshasa.
«Avec cette donation, nous serons bien outillés pour pouvoir mener à bien cette activité de riposte, a mentionné ce haut responsable de la structure des Médecins Sans Frontières en RDC.
Dans le contexte aggravé des inondations qui ont secoué la ville de Kinshasa, la population est invitée à adopter des gestes barrières en vue de prévenir l’ascension gravissime des cas de choléra dans la capitale. Ainsi, dans son communiqué, l’Institut Nationale de Santé Publique a relevé quelques éléments clés pour freiner sa propagation.
-Se laver fréquemment les mains avec l’eau propre et du savon ;
-Faire bouillir ou chlorer l’eau de boisson ;
-Garder les latrines propres ;
-Eviter les aliments crus ou mal cuits vendus à l’air libre ;
-Se rendre rapidement au centre de santé le plus proche en cas de symptômes (diarrhée aiguë, vomissements, déshydratation).
Mise en place d’une riposte sanitaire efficace
Des mesures sanitaires sont ainsi mises en place par ce service du ministère de la santé publique, notamment :
-Renforcement de la surveillance épidémiologique ;
-Déploiement d’équipes médicales mobiles dans les zones touchées ;
-Fourniture de kits de traitement et de réhydratation orale aux structures sanitaires ;
-Campagnes communautaires de sensibilisation sur les règles d’hygiène ;
-Désinfection des sources d’eau et distribution de pastilles de chlore aux ménages vulnérables.
Goma, 18 juin 2025 — Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), en partenariat avec le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (Fonds mondial), a livré 23 tonnes de médicaments vitaux contre le VIH et la tuberculose dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu – une avancée majeure pour les populations en crise de République démocratique du Congo (RDC). Cette opération vise à rétablir l’accès aux soins pour des milliers de patients privés de traitement depuis plusieurs mois.
Ces médicaments, notamment des antirétroviraux, des traitements antituberculeux et des kits de dépistage, permettront aux centres de santé de reprendre leurs services de traitement et de prévention, suspendus dans de nombreuses zones faute de stocks.
« Ce n’est pas seulement une livraison de médicaments, c’est un signal fort de solidarité et de dignité », a déclaré Damien Mama, Représentant résident du PNUD en RDC. « Après des mois de pénurie, cette opération marque le début d’un effort plus large pour aider les communautés à se relever. À travers notre Plan de réponse à la crise, nous œuvrons à la fois pour répondre à l’urgence, restaurer les services de base et bâtir la résilience sur le long terme. »
Cette aide sanitaire s’inscrit dans le cadre du 7e cycle de financement du programme du Fonds mondial, mené par le PNUD pour soutenir la réponse nationale au VIH et à la tuberculose sur la période 2024–2026. Ce programme vise à réduire les nouvelles infections VIH et les décès liés au Sida, à faire reculer l’incidence et la mortalité dues à la tuberculose, et à lutter contre la stigmatisation envers les personnes affectées.
Depuis janvier 2025, l’offensive du groupe armé M23 a provoqué le déplacement de plus de 4,1 millions de personnes, la mort de plus de 7 000 civils, et la déscolarisation de 375 000 enfants. Environ 60 cas de violences sexuelles sont signalés chaque jour. Les infrastructures sont détruites, les banques fermées, et les services essentiels interrompus. En tout, 6,1 millions de personnes ont besoin d’un appui immédiat.
Face à cette urgence, le Plan de réponse à la crise du PNUD pour l’Est de la RDC prévoit une intervention multisectorielle de 25,6 millions de dollars sur six mois, axée sur le retour des déplacés, la relance des services publics, l’appui aux survivantes de violences basées sur le genre, et la promotion de la cohésion sociale. À ce jour, 14,6 millions de dollars ont déjà été engagés, mais 11 millions de dollars doivent être urgemment mobilisés.
« Les populations congolaises ont fait preuve d’un courage exceptionnel face à l’adversité », a souligné Damien Mama. « Cette livraison marque une avancée majeure, mais le chemin de la reconstruction est encore long. Nous avons besoin d’un soutien durable pour restaurer les systèmes de santé, protéger les vies et redonner espoir».
Avec l’appui des autorités nationales, de la société civile et des partenaires internationaux, le PNUD et le Fonds mondial réaffirment leur engagement à ne laisser personne de côté. Cette intervention est un premier pas concret vers la reconstruction, la stabilité et la dignité retrouvée pour les communautés de l’Est de la RDC.
Une étude réalisée par le Comité International de la Croix-Rouge, durant la période d’avril à mai 2025, révèle des chiffres extrêmement alarmants sur la situation humanitaire au Nord et Sud-Kivu, dans l’Est de la RDC. Selon cette étude, portée sur un échantillon de 109 centres de santé, l’intensification des conflits armés observée, depuis le début de l’année courante, a eu un impact négatif sur le système sanitaire congolais, particulièrement dans les zones affectées par les exactions de la guerre d’agression rwandaise, causant ainsi des dégâts immenses et fragilisant la qualité de la prise en charge médicale. Au cours d’une conférence de presse tenue hier, mardi 17 juin 2025, au siège même de l’Organisation, à la Gombe, Jean-Nicolas Paquet-Rouleau, Chef de la délégation adjoint en charge des opérations du Comité International de la Croix-Rouge, s’est appesanti sur les différentes données statistiques recueillies par ses équipes durant la période d’évaluation dans les deux principales provinces de l’Est du territoire national.
Selon ce responsable, plus de 70% de structures de santé évaluées souffrent de rupture des stocks de médicaments suite à la perturbation infligée aux voies d’acheminement des intrants médicaux et d’autres produits essentiels. Jean-Nicolas Paquet-Rouleau a plaidé, par la même occasion, pour que des mesures palliatives soient prises d’urgence, aussi bien par les parties engagées au conflit que par les partenaires financiers, en vue de soutenir efficacement le secteur de la santé en RDC et préserver les vies des populations. Dans sa communication du jour, il a également rappelé la nécessité du respect du Droit international humanitaire.
Tableau lourd des conséquences enregistrées
‘’L'étude révèle aujourd'hui un système de santé qui est à bout de souffle dans les Kivu. Les centres de santé peinent à traiter des pathologies courantes comme le paludisme, les infections respiratoires, les diarrhées. Plus de 70% de structures de santé évaluées souffrent de rupture des stocks de médicaments, même les anti douleurs comme le Paracétamol, l'Ibuprofène viennent à manquer. Les stocks se vident notamment du fait des pillages depuis l'intensification du conflit. La perturbation du circuit d'acheminement des médicaments ou à cause de la réduction des financements de leurs partenaires humanitaires. Au premier trimestre de 2025, la majorité des établissements médicaux ont noté une diminution de la moitié du nombre de consultations chez les enfants de moins de 5 ans, comparée à la même période en 2024. On a observé une augmentation de plus de 4 fois le nombre de mort-nés dans les structures sur lesquelles ont porté cette évaluation. Le nombre de consultations en santé mentale et soutien psychosocial pour les victimes des violences et pour les victimes des violences sexuelles a été multiplié par 7. Ce sont des chiffres alarmants qui interviennent dans un contexte de coupe humanitaire. Vous n'êtes pas sans savoir que la RDC est parmi les pays les plus touchés par ces coupes. Le budget pour l'aide humanitaire devait passer de 1,4 milliard à près de 500 millions USD pour 2025. Cela arrive au même moment que l'Est traverse une crise majeure de son système de santé’’, a démontré le Chef des opérations du CICR, devant les hommes et femmes des médias.
Et d’insister : ‘’Nous avons donc deux messages importants à véhiculer. Le premier s'adresse aux parties au conflit. Il est impératif qu'elles renforcent les mesures déjà prises, qu'elles fassent tout ce qui est de leur pouvoir pour fournir des soins de santé aux malades, aux blessés, conformément au Droit international humanitaire, mais aussi de protéger les malades, les blessés, les personnes hors de combats, les infrastructures de santé et, dans la mesure du possible, faciliter l'accès aux soins de santé à la population. Le deuxième message est aux pays donateurs. Dans un contexte de réduction de leurs financements, nous leur demandons de prendre en compte, d'être sensibles à l'accroissement significatif des besoins humanitaires à l'Est de la RDC et à la nécessité de concentrer leurs fonds là où les priorités sont le plus importantes et envers les organisations qui parviennent à faire la différence. Au Gouvernement, qu'il renforce ses efforts à maintenir un système de santé qui puisse répondre aux besoins de toute la population. En tant qu'intermédiaire neutre, le CICR est disposé à offrir son expertise, son expérience et sa pertinence opérationnelle afin de trouver des solutions pratiques’’.
Le CICR engagé pour le bien-être des congolais
A la lumière des précisions fournies à la presse, la CICR a réalisé un travail de soutien considérable dans les zones déchirées par l’insécurité dans l’Est en termes des soins en faveur des blessés par arme et d’appui logistique aux structures médicales. ‘’Plus de 2900 blessés par arme ont été traités dans les hôpitaux soutenus par le CICR au Nord-Kivu et Sud-Kivu, près de 7000 interventions chirurgicales ont été effectuées pour soigner les blessés ; 3 hôpitaux ont été soutenus de façon régulière ; 3 projets chirurgicaux d’urgence ont été déployés ; 15 structures de santé ont été appuyés en intrants médicaux ; près de 33800 personnes ont bénéficié d’un soutien en soins de santé mentale et psychosociale ; 440 personnes victimes de violences sexuelles ont été soulagées ; 261 personnes ont été formées aux gestes de premier secours ; plus de 450 fauteuils roulants et autres appareils d’aide à la mobilité ont été livrés ; 13 tentes ont été installées ; 63070m3 d’eau potable ont été livrés ; 27250 litres de carburant ont été donnés ; 1 générateur électrique de 330 KVA a été donné à l’hôpital provincial général de référence de Bukavu’’.
Pour rappel, le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) est une organisation neutre, impartiale et indépendante dont le mandat, strictement humanitaire, découle des Conventions de Genève de 1949. Il porte assistance aux personnes touchées par un conflit armé ou d’autres situations de violence partout dans le monde, mettant tout en œuvre pour améliorer leur sort et protéger leur vie, leur dignité, très souvent en collaboration avec ses partenaires de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.
Les structures assurant la couverture santé universelle ont décidé de suspendre le prestigieux programme qui cadre avec la vision du Chef de l’Etat Félix Tshisekedi à cause de non-paiement des factures. La couverture santé universelle couvre, entre autres, les consultations prénatales, l’échographie, les accouchements simples et compliqués (y compris par césarienne), les soins du nouveau-né, la vaccination, les consultations postnatales, la planification familiale et l’accès aux médicaments. Parmi ces établissements figurent des structures confessionnelles privées notamment, celles de l'Eglise catholique, de l'Eglise du Christ au Congo et de l'Armée du salut.
Dans une correspondance adressée au coordonnateur du Conseil national de la Couverture santé universelle (CSU), ces structures déplorent le retard de 8 mois de paiement des factures pour les accouchements, le non-paiement des consultations prénatales, préscolaires et des échographies obstétricales pendant plus de 20 mois, le non-paiement de soldes de 30% des factures des accouchements antérieurs et la livraison que d’une partie de médicaments.
«Ainsi, nous avons décidé qu'à partir du 5 juin 2025, seuls les consultations et les accouchements resteront gratuits, mais les frais connexes seront payants. A partir du 19 juin, si aucune solution n’est trouvée, tous les actes seront payants afin d’éviter l’irréparable dans nos structures», lit-on dans la correspondance qui date du 29 mai dernier.
Ces structures précisent que le programme ne pourra reprendre qu'après règlement des arriérés par le gouvernement et la signature d'un avenant à la convention.
«Cette mesure est prise dans l'attente d'une réaction concrète du Gouvernement et de la signature de l'avenant sur la convention de collaboration spécifique aux structures confessionnelles, dans le souci d'assurer réellement des soins de qualité à notre population », ajoutent-elles.
Pour rappel, le programme de « gratuité de la maternité et des soins du nouveau-né» a été lancé en septembre 2024 par le président de la République.
«L’objectif fondamental de ce programme est de garantir des soins et des services de santé de qualité et gratuits à toutes les femmes enceintes, à celles qui ont accouché et aux nouveau-nés pendant leur premier mois de vie», avait déclaré Félix Tshisekedi lors du lancement du programme à l’hôpital militaire du camp Tshatshi.
La ville de Kinshasa, où 350 structures médicales sont accréditées par le programme, n’est que la province pilote. Il était initialement prévu que le programme s'étende à plusieurs autres provinces fin 2024, grâce notamment à l’appui financier de la Banque mondiale.
Une étape stratégique vient d’être franchie en matière de gestion des crises sanitaires au niveau national. Hier, mercredi 28 mai 2025, la Croix-Rouge de la RDC, en collaboration avec le Ministère de la Santé publique, sous l’appui de la Croix-Rouge Française, a, en effet, réussi le pari de l’organisation à Kinshasa de son atelier de capitalisation et de diffusion des outils Riposte contre les épidémies. L’évènement s’est déroulé dans une atmosphère empreinte de sérénité et d’engagement dans la salle Kundelungu du bâtiment administratif du Gouvernement, situé à un jet de pierre du Palais du peuple. La tenue de cet atelier important s’inscrit dans le cadre du programme multipays Riposte financé par l’Agence Française de Développement, qui entend renforcer les capacités des acteurs institutionnels et de la société civile face aux risques épidémiques.
Durant les travaux, les participants ont largement engagé des discussions riches et constructives, formulant des remarques et suggestions pertinentes devant contribuer à positionner la Croix-Rouge de la RDC comme un acteur clé d’appui à la prévention et à la riposte aux épidémies sur le sol congolais.
‘’On était ici dans un atelier pour promouvoir le travail d’expertise technique qui a été menée par les équipes de la Croix-Rouge Française aux côtés de différentes sociétés nationales dont la Croix-Rouge de la RDC pour développer les capacités de coordination et de réponse aux épidémies. On a différents outils qui ont été remis à jour dans cette problématique des épidémies, par exemple, un outil communautaire qui est beaucoup utilisé dans le cadre des problèmes de gestion des risques des catastrophes : l’évaluation des risques de vulnérabilité des capacités améliorées (VCA). On a revisité cet outil pour mieux adresser aussi les enjeux épidémiques qui sont souvent très fortement corrélés à la gestion des risques de catastrophes parce qu’on sait que de fortes inondations sont souvent les prémices à une flambée de cas de choléra. On a revisité toute notre module de formation… On sait que, par exemple, beaucoup de rumeurs de stigmatisation peuvent resurgir pour certaines épidémies. Cela a été le cas avec le Mpox Ce module permet de donner des clés aux volontaires de la Croix-Rouge de la RDC pour mieux aborder cette thématique et mieux y répondre en termes d’appui psychologique’’, a déclaré Sylvanie Lebas, Coordinatrice Programme de la Croix-Rouge Française en RDC, qui a pleinement contribué la bonne conduite des échanges. Selon elle, l’atelier de la Croix-Rouge de la RDC a permis également de travailler sur le Protocole d’Actions Précoces, qui joue un rôle considérable dans la prévention des maladies.
‘’On a pu également développer des plans de continuité d’activités les centres de santé. On sait qu’en cas des crises sanitaires, les capacités des centres de santé peuvent être rapidement dépassées, les services de base ne plus être assurés. Les plans de continuité doivent permettre en fait d’assurer le minimum en termes de package de santé, des soins de santé indispensables. On a aussi travaillé sur des approches un peu plus innovantes qu’on appelle Financements Basés sur les Prévisions. On va construire des modèles prédictifs. En RDC, on a travaillé sur les aléas de la Rougeole. On a cherché à identifier les indices de risques par province, par zone de santé pour définir les indicateurs déclencheurs à partir desquels il était important de ne pas attendre que l’épidémie se développe, mais d’abord mettre ne place des actions précoces, d’anticipation et de préparation si effectivement l’épidémie se déclenche. C’est qu’on appelle Protocole d’Actions Précoces. On a pu travailler sur ce sujet en République démocratique du Congo’’, a expliqué à la presse, Sylvanie Lebas.
Grégoire Mateso en première ligne
Dans son mot, avant le démarrage de l’activité, Grégoire Mateso, Président National de la Croix-Rouge de la RDC, avait pris la parole, encourageant avec confiance un débat sain et harmonieux aux séminaristes. ‘’ Nous ne sommes qu’une main ajoutée au Ministère de la Santé parce que notre mission, depuis le Décret du 1er mars 1961 qui ajoute les missions qui concernent le Ministère de la Santé, c’est la prévention des maladies, notre raison d’être’’, a insisté, dans son mot, le Président Grégoire Mateso, qui a remercié la Croix-Rouge Française pour son soutien constant aux initiatives de la Croix-Rouge de la RDC.
Selon un nouveau rapport publié aujourd’hui par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), les progrès du développement humain connaissent un ralentissement sans précédent. Le rapport montre comment l’intelligence artificielle (IA) pourrait relancer le développement. Au lieu d’une reprise soutenue une fois passée la période de crise exceptionnelle des années 2020-2021, on a observé des progrès étonnamment faibles. Ces années de crise mises à part, la progression escomptée du développement humain à l’échelle mondiale présentée dans le rapport de cette année est la plus faible jamais enregistrée depuis 1990.
Le Rapport sur le développement humain 2025 − intitulé Une affaire de choix : individus et perspectives à l’ère de l’IA − analyse les progrès du développement au travers d’une série d’indicateurs portant sur la santé, l’éducation et les niveaux de revenu, synthétisés dans ce qu’on appelle l’indice de développement humain (IDH). Les projections pour 2024 révèlent une stagnation de la progression de l’IDH dans toutes les régions du monde.
Au-delà du ralentissement alarmant du développement mondial, les auteurs du rapport constatent une aggravation des inégalités entre les pays riches et les pays pauvres. Alors que les voies traditionnelles de développement se resserrent sous l’effet de pressions mondiales, une action décisive est nécessaire pour écarter le risque d’une stagnation prolongée du progrès dans le monde.
« Pendant des décennies, nous avons été sur la bonne voie pour atteindre un niveau de développement humain très élevé à l’horizon 2030, mais ce ralentissement fait peser une menace bien réelle sur le progrès mondial », a déclaré l’administrateur du PNUD, Achim Steiner. « Si la lenteur des progrès enregistrés en 2024 devient “la nouvelle norme”, cela pourrait prendre plusieurs décennies supplémentaires, ce qui rendrait notre monde moins sûr, plus divisé et plus vulnérable aux chocs économiques et écologiques. »
Selon le rapport, on observe une augmentation des inégalités entre pays à IDH faible et pays à IDH très élevé pour la quatrième année consécutive. La tendance de long terme d’une réduction des inégalités entre pays riches et pays pauvres est donc en train de s’inverser.
Les tensions commerciales croissantes, l’aggravation de la crise de la dette et l’essor d’une industrie qui ne crée pas d’emplois sont autant de problèmes qui nuisent au développement des pays dont l’IDH est actuellement le plus faible.
« Au milieu de cette tourmente mondiale, nous devons réfléchir de toute urgence à de nouveaux moyens pour stimuler le développement », a déclaré M. Steiner. « Alors que l’intelligence artificielle continue de s’installer rapidement dans de nombreux aspects de nos vies, nous devrions étudier sa capacité à promouvoir le développement. De nouvelles fonctionnalités apparaissent presque tous les jours et, même si l’IA n’est pas une panacée, nos choix peuvent relancer le développement humain en ouvrant de nouvelles voies et en offrant de nouvelles possibilités. »
Le rapport présente les résultats d’une nouvelle enquête qui montre que les gens sont réalistes mais restent optimistes par rapport aux changements que l’IA peut apporter.
La moitié des personnes interrogées dans le monde pensent que leur travail pourrait être automatisé. Une part encore plus grande − six sur dix − s’attend à ce que l’IA ait des retombées positives sur leur emploi et offre des possibilités dans des métiers qui peut-être n’existent même pas encore aujourd’hui.
Seuls 13 % des sondés craignent que l’essor de l’IA entraîne des suppressions d’emplois. En revanche, dans les pays à IDH faible ou moyen, 70 % des personnes interrogées s’attendent à ce que l’IA augmente leur productivité, et les deux tiers prévoient d’utiliser cette technologie dans l’éducation, la santé ou le travail au cours de l’année à venir.
Le rapport préconise une approche de l’IA centrée sur l’humain, qui pourrait foncièrement redéfinir les approches du développement. Les résultats de l’enquête montrent que, dans le monde entier, les gens sont prêts à ce type de « réinitialisation ».
Le rapport expose trois domaines d’action critiques :
Bâtir une économie de collaboration et non de concurrence entre les humains et l’IA
Intégrer le facteur humain dans le cycle de l’IA, de la conception jusqu’au déploiement
Moderniser les systèmes d’éducation et de santé pour répondre aux demandes du 21e siècle
La démocratisation de l’IA est déjà en cours. En effet, parmi les personnes interrogées pour l’enquête, près d’une sur cinq déclare faire déjà usage de cette technologie. Par ailleurs, les deux tiers des sondés dans les pays à IDH faible prévoient d’utiliser l’IA dans l’éducation, la santé ou le travail au cours de l’année à venir. C’est pourquoi il est plus urgent que jamais de remédier aux problèmes d’accès à l’électricité et à l’internet, afin que tout le monde puisse profiter des nouvelles possibilités offertes par cette technologie. Cela étant, tout ne se résume pas à une question d’accès : la véritable fracture dépendra de l’efficacité de l’IA à compléter et augmenter les tâches des individus.
« Les choix que nous ferons dans les années à venir définiront l’héritage de cette transition technologique sur le plan du développement humain », a déclaré Pedro Conceição, directeur du Bureau du Rapport sur le développement humain du PNUD. « Si les bonnes politiques sont adoptées en se concentrant sur les individus, l’IA peut devenir un formidable pont vers des connaissances, des compétences et des idées nouvelles utiles à tous, que l’on soit exploitant agricole ou chef d’une petite entreprise. »
Dans le Nord-Kivu, cette terre si souvent cartographiée par le sang, si rarement par la justice des milliers de corps déplacés errent entre le provisoire et l’incertain. Masisi, Nyiragongo, Rutshuru : ces noms ne sont plus seulement des localités, mais des cicatrices ouvertes sur la carte de la République. Là, dans les centres de regroupement collectif, l’attente s’est installée comme une seconde peau, entre les bâches usées et les silences fracturés. Et pourtant, dans ce théâtre de la perte, la dignité cherche encore un chemin. C’est là que s’inscrit l’action du PNUD. Non comme une entité extérieure venue assister, mais comme un artisan de la réparation lente, une institution qui refuse que la vie soit réduite à la survie. Sous l’impulsion du Représentant Résident, Monsieur Damien Mama, et par la présence engagée sur le terrain de Monsieur Patrick D’Oliveira, Chef du Bureau au Nord-Kivu, le PNUD ne se contente pas de déployer une réponse technique. Il mobilise des leviers d’espérance — la santé, la société civile, les paysans — pour forger une réponse qui honore les vivants.
À Sake, ce n’est pas seulement un chef de bureau qui se déplace. C’est la conscience d’un système international qui vient voir, écouter, comprendre — et surtout, ne pas détourner le regard. Les outils sont là, certes : gestion directe du Fonds mondial pour la santé, synergies communautaires, stratégies paysannes. Mais au-delà des instruments, c’est une posture éthique : celle qui dit que chaque déplacé est un sujet d’histoire, pas une simple victime.
Une stratégie structurée face à l’effondrement Conscient de l’ampleur de la crise humanitaire et géopolitique, le PNUD a élaboré un Plan de Réponse Stratégique adapté, adossé à une vision intégrée du relèvement durable. Ce document, intitulé “Building Resilience in Eastern DRC – A Path to Recovery and Hope”, structure intervention selon six axes prioritaires : 1. Retour accompagné : Évaluer la viabilité des retours, accompagner la réintégration progressive dans les zones d’origine. 2. Renforcement des structures communautaires : Mise en place de comités locaux de paix et d’alerte précoce, soutien aux organisations communautaires. 3. Accès aux services de base et relance des moyens de subsistance : Réhabilitation d’écoles, centres de santé, forages, routes agricoles ; électrification solaire ; cash-for-work. 4. Promotion de la cohabitation pacifique : Appui à la médiation, lutte contre la désinformation, inclusion des femmes dans les processus de paix. 5. Lutte contre les violences sexuelles et sexistes (SGBV) : Espaces sûrs, soutien psychosocial, kits de soins, autonomisation économique des survivantes. 6. Coordination du relèvement : Appui technique au Cluster Early Recovery, plaidoyer pour les droits des femmes et la justice foncière. Cette stratégie bénéficie déjà de l’appui de plusieurs partenaires, mais nécessite encore 11 millions USD pour atteindre ses objectifs dans les six prochains mois.
Quand le déplacement devient exil de soi Plus de 2,5 millions de personnes ont été déracinées dans le Nord-Kivu. Le mot « déplacé » ne suffit pas. Il y a dans ces mouvements forcés une perte plus grande : perte du territoire, du récit, du tissu social, du droit à rêver. Revenir n’est pas revenir à un lieu, c’est reconstruire une appartenance. C’est pourquoi l’action du PNUD ne s’arrête pas à la logistique. Il s’agit d’une stratégie multidimensionnelle : stabiliser les centres, sécuriser l’eau, la nuit, le feu, mais aussi préparer le retour dans le temps long, en affrontant les blessures invisibles — celles que la terre n’a pas encore su guérir.
Une architecture de la dignité partagée L’intervention s’ancre dans une logique de co-construction, aux côtés des humanitaires, des structures locales, des acteurs du Nexus HDP. Deux lignes d’action immédiate structurent la réponse : ⦁ Stabiliser le présent dans les centres : abris, sécurité, hygiène, protection. ⦁ Préparer l’avenir dans les villages d’origine : retour volontaire, infrastructures, résolution foncière, reconstruction du lien social. Et au centre : les vulnérables comme boussole
Car dans les interstices de la crise, ce sont toujours les mêmes corps qui ploient : femmes, filles, enfants, personnes vivant avec un handicap. Pour le PNUD, répondre à la crise, c’est d’abord écouter ceux que l’histoire a rendus inaudibles. Cela signifie : ⦁ Créer des espaces où les femmes ne sont pas seulement protégées, mais entendues. ⦁ Offrir aux enfants non pas une assistance, mais des promesses de lendemain. ⦁ Mobiliser le cash-for-work comme rite de réinscription dans le tissu économique. ⦁ Réhabiliter les infrastructures communautaires non comme un acte technique, mais comme une œuvre collective de mémoire et de résilience. Là où le chaos a tissé son empire, le PNUD, aux côtés des communautés, tente d’y opposer la lente trame de la reconstruction humaine. Ce n’est pas seulement une opération humanitaire — c’est une politique du soin, une éthique du monde en commun.
Une vision d’avenir ancrée dans la paix et la résilience Il est des lieux où le désastre n’est pas un événement, mais une continuité. Des lieux où la guerre devient climat, où l’urgence devient habitat. Le Nord-Kivu, cette géographie blessée de la République Démocratique du Congo, est l’un de ces espaces. Et pourtant, dans l’épaisseur du deuil, une promesse se tient debout : celle d’un lendemain forgé non par la pitié, mais par la force souveraine des communautés déplacées elles-mêmes. Le PNUD ne vient pas assister, il vient reconnaître. Reconnaître que les déplacés ne sont pas des objets de soin, mais des sujets de reconstruction. Leur parole, leur mémoire, leurs gestes sont les matériaux d’un Nord-Kivu à rebâtir — non pas à l’identique, mais autrement : un Nord-Kivu qui aura appris du chaos à se penser autrement. « Nous ne pouvons pas attendre la fin de la crise pour restaurer la dignité. Chaque jour compte, chaque solution rapide est un pas vers une paix durable », déclare Patrick D’Olivera, Chef du Bureau du PNUD au Nord-Kivu. C’est là que réside la puissance singulière de l’approche du PNUD : tenir ensemble l’urgence et l’utopie, répondre à la faim sans oublier le rêve. Car la dignité ne se distribue pas — elle se construit avec, en libérant les communautés des chaînes de la dépendance pour les inscrire dans les dynamiques d’émancipation.
(Un texte de François Elika, Spécialiste Partenariat & Mobilisation des ressources, PNUD-RDC)
Dans un pays où le paludisme continue de représenter un fardeau sanitaire majeur, une initiative prometteuse vient de voir le jour, portée par la vitalité et l'engagement de la jeunesse congolaise. Le Corps des Jeunes contre le Paludisme de la RDC (CJP), sous l'impulsion de son dynamique Coordonnateur National, Alexis Alyson Kabambi, a officiellement lancé hier, mardi 15 avril 2025, un atelier sur le projet ‘’Fonds pour l’égalité de genre dans la lutte contre le paludisme’’. Ce projet crucial, financé pour une durée de deux ans, témoigne d'une nouvelle approche, reconnaissant que la bataille contre cette maladie endémique ne peut être gagnée sans une pleine participation et une prise en compte spécifique de réalités vécues par les femmes et les jeunes.
Le coup d'envoi de cet atelier de deux jours a été donné par une figure clé de la lutte antipaludique en RDC, le Dr Baudouin Matela, Directeur du Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP). Sa présence et son soutien affiché soulignent l'importance accordée à cette initiative par les instances nationales. Le projet, né d'une collaboration avec l'Alliance des Dirigeants Africains contre le Paludisme (ALMA), s'attaque à des défis complexes avec des objectifs clairs et percutants. Il vise notamment à démanteler les barrières liées au genre qui entravent l'accès équitable aux services essentiels de prévention et de traitement du paludisme. Il s'agit aussi de renforcer la voix et le pouvoir d'action des groupes, en particulier féminin et jeune, pour qu'ils deviennent des acteurs incontournables du plaidoyer et de l'élaboration de politiques et programmes antipaludiques véritablement transformateurs.
Le Dr Baudouin Matela, lors de son intervention à l'ouverture de l'atelier, a mis en lumière la double portée de ce projet novateur. Il a insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes de suivi et de redevabilité pour infléchir durablement la courbe de la mortalité liée au paludisme, tout en intégrant de manière transversale la dimension genre.
‘’Ce projet poursuit deux objectifs, notamment renforcer le mécanisme de responsabilisation. Ici, les responsables vont nous aider à suivre l'évolution de cette maladie afin de réduire la mortalité due au paludisme. Cette responsabilité doit nous amener à résoudre le problème lié à l'approche genre’’, a déclaré le Dr Matela.
En affirmant l'engagement indéfectible du PNLP à accompagner le CJP dans cette entreprise, le Dr Matela a envoyé un signal fort de collaboration et de confiance envers la capacité des jeunes à impulser le changement.
Pour Alexis Alyson Kabambi, le Coordonnateur du CJP, l'ambition d'atteindre "Zéro Paludisme" en RDC passe impérativement par la mobilisation et l'implication active des jeunes et des femmes. Ils ne sont pas de simples bénéficiaires des programmes, mais des agents essentiels du changement au cœur des communautés. C'est cette conviction profonde qui anime le projet "Fonds pour l'égalité de genre".
‘’Nous venons de lancer officiellement aujourd'hui, le 15 avril 2025, le projet nommé Fonds pour l'égalité du genre dans la lutte contre le paludisme en République démocratique du Congo. C'est un projet financé par le Fonds mondial via l'Alliance des dirigeants africains contre le paludisme ou l'African Leaders Malaria Alliance (ALMA), octroyée au Corps des Jeunes contre le Paludisme (CJP) de la RDC. Ce projet n'a qu'un seul rôle qui est celui d’impliquer les femmes et les jeunes dans la lutte contre le paludisme. Ce projet est un projet phare pour le Corps des jeunes contre le paludisme de la RDC qui, depuis 2021, ces jeunes travaillent à travers les différentes provinces du pays dans la lutte contre le paludisme au niveau communautaire, ce qui a amené à ce jour qu'on puisse obtenir un financement de 2 ans. Ce financement va aider l'ensemble des jeunes et femmes de la RDC à se sentir engagées dans la lutte contre le paludisme, à être impliquées’’, a-t-il déclaré pour démontrer la quintessence de cette initiative.
Pour mener à bien ce projet Alexis Alyson Kabambi lance un appel aux instutions nationales.
‘’Ce projet va se répercuter auprès de la ministre de la Jeunesse, auprès du Ministre de la Santé, Hygiène et Prévoyance sociale et auprès de la ministre du Genre. Ce sont ces trois ministères que le projet concerne, mais aussi on a besoin de l'appui et l'accompagnement des parlementaires, dont des députés au niveau de l'Assemblée nationale et au niveau des Assemblées provinciales. Le but est de les impliquer à plaider pour l'augmentation du budget alloué à la santé, notamment la lutte contre le paludisme, pour que le Congo cesse d'être un pays largement frappé par le paludisme où plusieurs personnes sont victimes de décès chaque année’’.
Une série des recommandations
Conscient que le succès de ce projet et de la lutte antipaludique en général dépend d'un effort collectif, le Corps des Jeunes contre le Paludisme a formulé une série de recommandations claires et ciblées à l'endroit de ses partenaires clés.
A l’ALMA, Il est demandé d'accroître le soutien financier et matériel pour permettre au projet des jeunes champions de couvrir l'ensemble du territoire national. Le CJP plaide aussi pour une multiplication des formations de renforcement des capacités et des échanges d'expériences entre les corps de jeunes des différents pays africains, ainsi que pour un appui technique concret.
Au Gouvernement de la RDC, l'appel est lancé pour un accompagnement soutenu des initiatives jeunesse visant l'élimination du paludisme et la promotion de la Couverture Santé Universelle. Une augmentation significative de la ligne budgétaire allouée à la lutte contre le paludisme est jugée cruciale, de même qu'un appui renforcé au PNLP. Le financement des activités de plaidoyer, de formation et de mobilisation des ressources pour les jeunes est également sollicité.
Au PNLP, le CJP souhaite une appropriation forte des initiatives jeunesse, un appui concret à leur activité dans les 26 provinces, et une association systématique des jeunes à toutes les activités organisées par le programme. Il est également recommandé d'organiser des tables rondes de mobilisation de ressources impliquant tous les partenaires, y compris le secteur privé, pour matérialiser la vision commune d'éradication du paludisme.
Le projet "Fonds pour l’égalité de genre dans la lutte contre le paludisme" n'est pas seulement une nouvelle ligne budgétaire, c'est la reconnaissance du rôle indispensable des jeunes et des femmes, et un pari sur leur capacité à transformer la lutte contre ce fléau en RDC. Malgré les défis, notamment financiers, l'énergie et la détermination affichées par Alexis Alyson Kabambi et le CJP laissent présager un impact significatif sur le terrain dans les deux années à venir, avec l'espoir de rapprocher la RDC de l'objectif ‘’Zéro Paludisme’’.
Winnie Byanyima, directrice de l'Onusida, lors d'une conférence de presse à Genève, le 24 mars 2025.
Lors d'une conférence de presse lundi 24 mars, la cheffe de l'Onusida a agité le spectre du retour de la « pandémie de sida » si les États-Unis maintiennent leur retrait du soutien financier à l'humanitaire. Elle a appelé l'administration Trump à rétablir l'aide financière à l'étranger. Selon l'agence onusienne, sans reprise de l'aide des États-Unis, il y aura, au cours des quatre prochaines années, 6,3 millions de décès supplémentaires dus au sida.
« Les coupes budgétaires américaines font qu'aujourd'hui 27 pays d'Afrique connaissent des pénuries de personnel et des perturbations dans les systèmes de diagnostic et de traitement, ainsi que des systèmes de surveillance qui s'effondrent, a indiqué la directrice d'Onusida, Winnie Byanyima, lors d'une conférence de presse à Genève, ce lundi 24 mars. À plus long terme, nous voyons la pandémie de sida ressurgir à l'échelle mondiale, non seulement dans les pays à faibles revenus [...] d'Afrique, mais aussi parmi les populations clés en Europe de l'Est et en Amérique latine ».
« Nous verrons des gens mourir, comme nous l'avons vu dans les années 1990 et 2000. [...] Nous allons assister à une véritable recrudescence de cette maladie », a-t-elle insisté, lançant un appel direct au président Donald Trump de « faire un deal » autour de la prévention de la maladie qui rapporte bien plus qu'elle ne coûte.
En février, Washington avait procédé au gel de presque tous les programmes de l'agence américaine de développement USAID, par laquelle transite une large part de l'aide humanitaire mondiale.
Début février, l'Onusida, elle-même financée à 50% par les États-Unis, avait déjà alerté sur les conséquences des coupes budgétaires américaines. Selon l'organisation, la suspension pour plusieurs mois de l'aide étrangère américaine a provoqué confusion et perturbation dans le réseau mondial de lutte contre le sida, malgré l'exemption accordée par l'administration Trump à certains programmes.
Plus de six millions de décès supplémentaires à prévoir
Selon l'agence onusienne, sans reprise de l'aide des États-Unis, il y aura, au cours des quatre prochaines années, 6,3 millions de décès supplémentaires dus au sida. C'est « dix fois plus » qu'en 2023, a indiqué Winnie Byanyima. « Nous risquons de perdre les progrès réalisés au cours des 25 dernières années. C'est très grave », a-t-elle prévenu.
Winnie Byanyima a expliqué que « les États-Unis ont été un partenaire incroyable pour nous » et qu'ils ont travaillé en « étroite collaboration » avec le programme Pepfar, lancé par l'ex-président George W. Bush pour lutter contre le sida, également affecté par les coupes budgétaires. Mais « la soudaineté du retrait du financement américain a entraîné la fermeture de nombreuses cliniques et le licenciement de milliers d'agents de santé ».
Si elle estime « raisonnable que les États-Unis veuillent réduire leur financement au fil du temps », la haute responsable onusienne rappelle que « la soudaineté du retrait de l'aide vitale a un impact dévastateur dans tous les pays, en particulier en Afrique, en Asie et en Amérique latine ».
La cheffe d’Onusida, Winnie Byanyima, espère que cette crise budgétaire puisse accélérer une vraie transition vers l’autonomie financière :
Quand le programme américain PEPFAR reviendra — parce qu’il reviendra— il devra travailler avec Onusida, les gouvernements et la société civile pour accompagner de véritables transitions vers l’autofinancement. C’est une étape cruciale pour garantir une réponse durable à long terme.
Comme beaucoup d'autres organisations internationales, l'Onusida est touchée par les décisions américaines. Mais pour l'instant, l'agence n'a pas procédé à des licenciements, a-t-elle indiqué. « Nous continuons à examiner des scénarios pour l'avenir », a assuré la directrice d'Onusida. Mais l'avenir n'est pour l'instant pas à l'optimisme, aucun autre pays n'ayant pour l'instant annoncé vouloir combler le vide américain, a-t-elle encore précisé.