RDC-Canada : une convergence de vues pour une francophonie économique plus active
2026 est une année charnière pour l’avenir de la Francophonie. Le XXe Sommet de Siem Reap en novembre prochain au Cambodge s’annonce comme celui qui fera de la Francophonie un levier économique, capable de transformer l’héritage linguistique et culturel en opportunité concrète de commerce intra-francophone, d’investissement, d’innovation et de prospérité partagée, particulièrement dans un contexte de mondialisation économique où les écarts de richesse s'agrandissent entre les pays.
En annonçant son intention d’accueillir le prochain Sommet de 2028 à Ottawa, le Premier Ministre du Canada, Mark Carney, veut donner une très forte dimension économique à ce Sommet, renforcer les liens économiques avec les pays de l’espace francophone et mettre en lumière les écosystèmes économiques des communautés francophones.
Le moment est donc propice avec un Canada qui voit de plus en plus la Francophonie non seulement comme un enjeu culturel et identitaire, mais bien plus comme un atout économique national et international, d’une part ; et la RDC, pilier incontournable de la Francophonie de l’avenir, qui veut porter le projet de la Francophonie économique et accélérer sa mise en œuvre effective, tel qu’il avait été décidé par les chefs d’État et de gouvernement dans la « Déclaration de Kinshasa » au Sommet de 2012.
En effet, le Canada veut de plus en plus promouvoir la francophonie économique pour faciliter la diversification des marchés, l’attractivité des investissements, le commerce international et le renforcement des chaînes d’approvisionnement dans l’espace francophone. Il s’active dans ce domaine en organisant des forums internationaux tels que ceux qui se sont tenus en 2025, notamment la première édition du Forum économique de la Francophonie des Amériques à Montréal et la première édition du Sommet francophone de la Finance et de l’Investissement à Toronto.
Au niveau pancanadien, le gouvernement fédéral appuie fortement une « stratégie économique de la Francophonie », en accélérant ses efforts pour promouvoir une francophonie économique, tant au niveau national (communautés francophone et acadienne) qu'international.
Les ministres responsables de la Francophonie des provinces et territoires ont adopté en juin 2025, le nouveau mot d’ordre : « la francophonie économique », avec objectif clair de valoriser le français comme levier de croissance et de richesse, en misant sur les échanges commerciaux intra-canadiens et internationaux.
On observe à cet effet une montée en puissance de l’Alliance de la francophonie économique canadienne (AFEC), lancée en 2023, qui réunit les chambres de commerce et les associations d’affaires francophones pour resserrer les liens interprovinciaux et promouvoir l’espace francophone comme vecteur de croissance économique.
De son côté, la RDC qui ne veut plus se contenter d’être qu’un simple « géant démographique » de la Francophonie, veut en faire un géant économique. Le président Félix Tshisekedi veut visiblement poursuivre l’idéal du Sommet de Kinshasa, de transformer l’OIF en véritable levier de développement économique.
À cet effet, le président Tshisekedi affiche clairement l’ambition de la RDC comme pionnière de la dimension économique de la Francophonie, en prenant le leadership de l’OIF dans l’objectif de la rendre « plus réactive et plus redevable aux États membres », tel qu’a exprimé son Ministre des Affaires étrangères, Madame Thérèse Kayikwamba Wagner.
Cette convergence de vues augure sûrement des perspectives reluisantes, avec un leadership renouvelé, pour impulser une nouvelle dynamique de la francophonie économique porteuse de croissance et de prospérité partagées. Les deux pays sont donc appelés à coordonner et renforcer les synergies pour faire de la Francophonie un moteur de développement et d’affaires économiques.
Isidore Kwandja Ngembo



Comments est propulsé par CComment